Loco suprà cit
LIEOU-KIEOU I o5
ficier à la monture ailée) ^ arriva dans ce royaume. Quand il aperçut le pays au milieu des vagues, il lui trouva la forme d'un dragon unicorne [kiuloung) flottant au sein des eaux ». Lieou-kieou reçut en conséquence, pour la première fois, le nom de Lieou-kieou « le Dragon flottant ».
Les signes employés plus tard pour écrire le nom de Lieou-kieou, dont l'orthographe a d'ailleurs varié, ne sont qu'une altération de cette désignation primitive.
Sous la dynastie des Soui, on a fait usage de signes différents qui ont été conservés sous les Soung. Sous les Mongols Youen on a, de nouveau, changé les caractères.
Enfin, sous les Ming, on a choisi les deux groupes où figure la clef du Jade 2. D'après PEncyclopédie Japonaise ^^ le nom de Lou-ichou, écrit avec cette clef, tirerait
I. Ces fonctionnaires portent ce titre, parce qu'ils sont censés toujours prêts à monter un coursier rapide, dans le but de maintenir la paix dans TEmpire.
(2) J'ai dû supprimer ici les signes chinois que j'ai donnés dans la première édition de ce travail, ces signes manquant à l'imprimeur.
3 $nnsai-i^n-re, t. ^III, f 19.
io6 kthnographih: des chinois
son origine de gemmes appelées lieou et kieou. Il n'y a pas à s^attacher à cette dernière étymologie.
Je viens de rapporter quelques faits qu'il me paraît utile de connaître pour juger la question de Lieou-kieou. Je m'arrête ici, sans énoncer de conclusion. Plus de deux cents pages de textes chinois, parcourues avec attention, ne m*ont pas permis de résoudre le problème; et j'évite d'autant plus de me prononcer que cette lecture m'a fait connaître l'existence d'un nombre considérable de documents qu'il faudrait posséder et traduire, avant d'obtenir sur la matière une solution satisfaisante et définitive. Je me propose d'y revenir, dans la partie de mon Histoire de la race Jaune consacrée aux îles de l'extrême Orient.
LES COREENS
LA littérature chinoise nous offre de nombreux documents sur la Corée et sur rhistoire des peuples et des états successivement établis dans cette péninsule. Quelques-uns d'entre eux sont contenus dans des ouvrages spécialement consacrés à ce pays ^ ; toutefois les plus
ï. Parmi ces ouvrages, il me paraît utile de citer les suivants '.
Siouen-ho foungchi Kao-li tou king. Relation descriptive de la Corée, composée par Siu-king, membre d'une Mission envoyée dans ce pays par la Cour de Chine à l'occasion de l'avcnement d'un nouveau roi, en 1 123. Les car-
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importants pour nos études, autant que je puis en juger dans l'état actuel de nos connaissances bibliographiques, sont renfermés dans la vaste collection désignée communément sous le nom de Grandes Annales de la Chine. C'est à celte source officielle que j'ai surtout recouru pour la réunion des faits mentionnés dans cette partie de mon travail.
La Corée, décrite par les Chinois, a pour frontière septentrionale le pays des Niu-tchih ^ et pour limite, au nord-ouest, le fleuve Ap^lok^kang ^, Ces frontières naturelles, sauf quelques exceptions, ont*
tes qui accompagnaient Touvrage original ont été perdues avant sa publication qui date de Tan 4167.
Tchao-sien tchi, Relation de la Corée, géographique et ethnographique^ composée par un indigène de cette contrée, vers la fin de la dynastie des Ming.
Voy. également les ouvrages cités dans mon Aperçu de la langue Coréenne, p. 64.
1 . Les Niu tchih formaient un groupe de population originaire du nord de la Mongolie et dont les princes parvinrent à monter sur le trône de Chine au xii' siècle. Voy. sur ce peuple ei son langage, les Mémoires de la Société d'Eth" nographie, t. Vï, p. 379.