Wen-hien-toung-kao, livr. cccxxx i, p
2. Ce mémoire était déjà en épreuves, lorsque j'ai eu à ma disposition plusieurs ouvrages chinois qui ont confirmé de la façon la plus incontestable mes déterminations géographiques. L'un d'eux, le Hatkoueh-toti-tchi {livr. X, p. 3i\ dit expressément que le Sanjbh-tsi est, non pas la petite Java, mais la grande Java, c'est-à-dire Sumatra.
SUMATRA. — MALAKA l6l
qu'en tout cas, la côte sud-est de cette grande île était ainsi appelée par les Chinois. Je crois également que le nom de Sou-men-tah'lah est bien plus moderne encore que celui de San-foh tsi ^
I. On lit dans la grande Géograpliie Impériale (Taï' tsing-yih-toung-tchi. livr. ccccxxiv) : « Sumatra est une île située dans la mer du Sud Ouest. »
Notice historique. — Ce pays est situé au sud-ouest de la Cochinchine {TchentchingJ. Il en est qui disent que c'est le même pays que le Han-tiao-tchi. C'était, dans la mer Occidentale, le rendez-vous général des Persans et des Arabes.
CoMMENTAiRK. — Voyez le Supplément à TExamcn général des sages et des livres ^Wen-hientoung-kao), de Wang-kt. On dit, en outre, que c'est le même pavs que l'ancien Sou'Wen-t'ah-na.
Sous la dynastie des Ming, dans la troisième année de l'ère impériale Young-lo, son chef, nommé Nou-li-a-pitingf envoya un ambassadeur offrir le tribut à la cour de Chine qui, à cette occasion, lui accorda l'investiture comme roi du Sumatra. Depuis lors il offrit, chaque année, le tribut, et ne cessa que sous le règne de l'empereur Tching'tsou . La Chine reçut ainsi trois fois l'ambassade de Tching-ho.
(Commentaire. — Voyez le Supplément à l'Examen général des livres et des sages (Souh-Wen-hien-loung" kaoj. Le pays de Sumatra est limitrophe du pays de Hoa-micn. Anciennement, le roi de Sumatra fit lu guerre au roi de Hoa-mien. Il fut atteint d'une flèche et mourut.
l6i KTHNOGUVPHIK DES CHINOIS
La presqu'île de Malâka était également connue des géographes chinois qui ont consacré des notices particulièces à plusieurs des étals fondés, à diverses épo-
Son fiia était encore en bas âge, de sorte qu'il ne put reprendre sa revanche Aussi la reine rendit-elle un décret renfermant ce qui suit : • Celui qui sera capable de venger la mort du roi deviendra mon époux, et je partagerai avec lui le gouvernement du royaume» Un pêcheur, qui avait appris le contenu de ce décret, se mit à la tète du peuple, alla au-devant du roi de Hoa-mien, le battit et le tua. A son tour, il fut proclamé roi. Lorsque le fils du roi défunt fut devenu grand, il prit le commandement des hordes et tua le pêcheur Le fils de ce dernier, qui s'appelait Sou-k'anlah, prit la fuite dans les montagnes escarpées, avec l'intention de venger un jour la mort de son pcre. Le fils du roi expédia alors un envoyé vers lui, avec mission d'instruire son affaire. Puis il ordonna à l'eunuque Tching ho d'aller s'emparer de sa personne et de l'amener prisonnier à l'entrée du Palais. Dès ce moment le royaume fut en paix
A partir de l'ère impériale \Van-li^ le royaume de Sumatra changea deux fois de nom. Le nouveau nom de ce pays fut A-tsi (Achem).
Commentaire. — Voyez le recueil des Historiens de U dynastie des Ming CMing-sse). Le roi de A-tsi était originairement un esclave du pays. Le chef des esclaves était grand ufiicier du royaume et avait le commandement des troupes. Un jour qu'il suivait ce chef, il entra avec lui à la cour. Quand il sortit, il lui dit : Les gard^'s chargés
SUMATRA. — MALAKA. l63
ques, dans cette région. Le territoire de Malâka lui-même, fut nommé Poulah'kia , ou , ce qui est plus probable, Man-lah-kia, le caractère pou étant sans doute misa tort pour le caractère presque semblable man. La grande Encyclopédie Japonaise prononce en effet ces trois mots Ma-rO'ka, et le thésaurus intitulé Syo
de la défense du roi sont peu nombreux; je vous engage à profiter de cette occasion pour le tuer, et alors rien ne sera plus facile que de vous faire proclamer roi. Le chef des esclaves suiv.t ce conseil, et aussitôt il usurpa le trône. 11 fit ensuite de l'esclave son favori, et lui confia le commandement de Tarmée. Peu de temps après, l'esclave tua à son tour le chef et se mit à sa place. Il s'entoura alors d'une forte garde et se bâtit u i palais à six portes, dont l'entrée était hérissée de difficultés et où il n'était pas possible, quel que fût le rang que l'on possédât, de pénétrer avec un sabre à la ceinture Quand il sortait, il montait un éléphant, sur lequel était établi un pavillon entouré de draperies ; et, comme il y avait une centaine d'éléphants disposés de la sorte, les serviteurs eux-mêmes ne pouvaient bavoir où se trouvait le roi.
Depuis cette épqque, on n'a plus entendu parler de Sumatra.
Mœurs et coutumes. — Les marchands viennent de toutes les directions se réunir à Sumatra. L'cquité règne sur ce marché.
164 bTHNOGKAnilK DKS CHINOIS
gen^^i kait donne, à côté de la prononciation Maroka, la lecture plus correcte Marakka (Malakka).
La troisième année de la période young-loh (1405), sous la dynastie des Ming, le souverain de ce royaume, appelé Si' H Pa-*r-sou lahj envoya une ambassade apporter le tribut à la Cour de Chine , qui lui donna l'investiture.
Parmi les états de la péninsule de Malâka, les Chinois nous parlent de celui de Taï-ni qu'on serait tenté d^id,entifier avec Patani^ mais qui désigne un pays situé plus au sud et à rentrée méridionale du détroit. Les habitants de Taï-ni ressemblent à ceux du Cambodge, mais ils ne parlent pas la même langue que ces derniers. Les Chinois vont trafiquer dans leur royaume.
Près de Taï-ni, se trouvait le pays de Louhkiah. La grande Encyclopédie Japonaise et le Syo gen'\i kau prononcent ces deux signes Rok-kon^ ce qui ferait croire ù une erreur orthographique du
SumaTUa. — MaLaKà
second. Ce pays était situé au sud de Taï ni. Les Chinois y allaient également faire du commerce.