‹ Les PharisiensChapitre 105 sur 258 · Ibid. Bérachoth 29, b. — tnanUh, 67, d · texte numérisé non relu

Ibid. Bérachoth 29, b. — tnanUh, 67, d

LES PHAHISIËNS. 217

l'année 117. Gamaliel II avait exercé depuis Tati 80, c'est-à-dire pendant trente-sept ans environ, les hautes fonctions du patriarchat.

Yéhoschoua ben Hananiah, véritable instigateur de la révolution qui l'avait renversé, semblait appelé à recueUlir sa succession; mais, par un sentiment de délicatesse très-honorable, le Synhédrin ne voulut pas infliger ce 'nouveau déplaisir au patriarche déchu. Le vote de la majorité se porta, en conséquence, sur un jeune docteur qui ne pouvait inspirer d'ombrage à personne. H se nommait Éléazar ben Azariah. Bien qu'il eut, dit-on, seize ans à peine, il s'était déjà distingué par une intelligence précoce. Sa naissance et sa situation personnelle étaient d'ailleurs considérables. La chronique le fait descendre d'Ezra lui-même. Il possédait une très-grande fortune et entretenait aVec les autorités romaines les relations les plus amicales. Les sentences que le traité Aboth mentionne de lui le montrent comme un esprit éminemment pratique, qui tient à concilier les devoirs sociaux avec les devoirs religieux et qui, pénétré des idées pharisiennes, ne pense pas que Thomme doive s'abstraire de la vie active pour s'absorber dans dévalues contemplations. « Sans le respect de la loi, disait-il, la pratique de la » vie est impossible; mais qu'est-ce que la loi sans » la pratique de la vie sociale ? Là où il n'y a pas de » science, il ne peut y avoir de vraie religion, mais

» là OÙ il n'y a pas de religion, il n'y a pas de vraie » science. » — Il disait aussi : « Celui dont la science » théorique est plus grande que les œuvres, ressent- )) ble à un arbre, qui a beaucoup de branches et peu » de racines. Vienne la tempête, il est renversé. Mais » celui dont les œuvres dépassent la science, est » comme un arbre qui a peu de branches et beau- )> coup de racines. Tous les vents de la terre peuvent )> se déchaîner contre lui, il restera inébranlable *. q

On rapporte de lui un sermon dont la doctrine élevée montre la direction de ses idées etfait connaître en même temps la façon dont les docteurs interprétalent les textes sacrés.

Un jour il prêchait sur ce verset de l'Ecclésiaste : a Les paroles des sages sont comme des aiguillons et » des clous. Elles sont plantées par des réunions de » savants, mais elles émanent d'un seul pasteur '. n » En quoi, se demande l'orateur^ les paroles des sa- » ges ressemblent- elles à des aiguillons? Parce que, » comme l'aiguillon qui dirige le bœuf, elles nous » guident du chemin de la mort dans celui de la vie » étemelle. Pourquoi les appelle-t-on des clous ? » Parce qu'elles ont la solidité du clou fixé dans un » mur. Pourquoi les compare-t-on à des plantations ? » Parce que, pareilles à un arbre, leur fixité n'est ni )) l'immobilité ni la stérilité^ mais elles portent sans

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