GiATi, Geshichtê der Juden, t. IV, p
repousser. Les témoins appelés représentaient ane sorte de concile démocratique chargé de prononcer sur les cas douteux. Jamais un fait semblable, jamais un acte d'une telle gravité ne s'est accompli dans le développement des religions positives.
Les docteurs hésitent ; que font-ils pour dissiper les incertitudes et établir, sur une base respectable, les principes de la nouvelle loi? Vont-ils recourir à quelque inspiration surnaturelle, plus ou moins authentique, ' dont ils se feront aisément un titre pour imposer leurs idées à la foule crédule ? Quelques collègues de Gamaliel en ont bien un moment la pensée et la mystérieuse Bath-Kol a la prétention de trancher le débat entre les partis opposés ; mais la majorité, à la parole énergique de Yéchoschoua, ne permet pas que les droits de la raison soient sacrifiés à Tamour du merveilleux. Yont-ils, en dictateurs des consciences, user de leur autorité suprême et« contraignant tout lo monde à l'obéissance aveugle, s'arroger arbitrairement un brevet d'infaillibilité ? Non I c'est au peupie qu'ils s'adressent comme à la source même de la souveraineté et de la loi ; c'est lui qu'ils consultent avant de rien décider ; c'est à lui qu'ils demandent les éléments d'une solution rationnelle. Le Synhédrin, afin de mieux constater dans quel esprit se faisait cette enquête populaire, n'alla pas chercher les témoins seulement dans les classes élevées ; il provoqua et recueillit les dépositions des plus humbles de la
communauté d'Israël. On trouve notanunenty parmi ceux qui furent entendus, deux tisserands qui avaient habité Jérusalem dans la partie la plus pauvre de la ville.
Ainsi, le Pharisalsme ne dévie jamais de sa voie. Il reste, jusqu'au bout, fidèle au principe qu'il a posé dès les premiers jours de son apparition sur la scène des événements. Comme au temps des Macchabées, il persiste à affirmer que « Dieu a donné à tous, » l'héritage, la royauté, le sacerdoce et la sanctiflcan tion ^ »
L'enquête doctrinale faite par l'Académie d'Yabné, fut le premier essai de codification de la loi orale et l'une des premières applications du programme de Yochanan ben Zakkal ; mais on était loin encore de la réalisation définitive des idées de ce patriarche. Ce ne fut, nous l'avons dit, qu'à la fin du second siècle que la première partie du monument de la loi traditionnelle, la Mischnah, ftit terminée. Les docteurs Tanaltes ne purent qu'en préparer les matériaux soit en tranchant le débat compliqué des HiUélistes et des Schanunalstes, soit en donnant à