‹ Les PharisiensChapitre 109 sur 258 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

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Cest aux Tanaltes de Yabné qu'est due Tintroduction définitive de VEcclésiaste et du Cantique des Cantiques dans le recueil des livres sacrés.

Depuis longtemps on discutait si ces deux œuvres» si remarquables au point de vue philosophique et littéraire, pouvaient prendre place à côté des psaumes et des écrits prophétiques. L'École de Schammal y signalait, avec beaucoup de raison, dans le premier, un esprit profane et des idées épicuriennes, dans le second, des descriptions erotiques qui n'avaient rien de commun avec les sévères inspirations de l'esprit saint. Évidemment elle jugeait, en cela, plus sainement que ses contradicteurs.

L'Ecclésiaste ressemble fort, en effet, à la morale sceptique et matérialiste des poètes païens, lorsqu'il dit : « que tout est vanité ; ^ n — « que rien ne sert

i. BCCLÉSU8TB, Cb. I, 2.

» d'être sage puisque le sage et le fou ont un même » destin ^ » — « que le meilleur bien pour l'homme,

» c'est de manger et de boire et de bien jouir de son » travail ';])-—(( que l'homme n'a aucun avantage » sur la bête, car l'un et l'autre ont la même fin, tout » retournant à la poussière, sans que nul sache si l'es- » prit de l'homme monte en haut et si celui de la bâte » descend en bas *;)>-—(( qu'il faut se livrer à la joie » parce qu'il n'y a rien de meilleur sous le soleil * ; » » — (( qu'un chien vivant vaut mieux qu'un lion

» mort % » — « car, au sépulcre, il n'y a ni occupa- » tion, ni discours, ni science, ni sagesse ^; » — « et » qui est-ce qui ramènera l'homme pour connaître ce » qui est après lui ^ ?

Tout cela pourrait être signé du nom d'Horace, bien mieux que de celui du fils de David. Il est vrai qu*à côté de ces préceptes d'épicurisme, on retrouve un grand nombre de maximes dignes des plus belles inspirations de la sagesse hébraïque ; mais l'ensemble de l'œuvre est dominé par un matérialisme peu déguisé, par un amour et un dédain à la fois des jouissances de ce monde qui contrastent avec le spiritua-

i, ECCLÉSIASTI, cil. II, 14 et SUIT.

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