Gbjetz, ilnd. t. IV, p. 120, d'après Dio Cassics
3. Tàlmud, Baba Kama, 28. a. — Cest à cet ordre que se rapporte une décision du Synbédrin de Yabné, sous le patriarchat de Gamaliel, diaprés laquelle le vol commis envers un païen est puni des mêmes peines que celui fait à un juif.
riah, Yéhoschoua et Akiba k entreprendre le voyage d'Italie pour tenter de protéger leurs malheureux coreligionnaires ; mais, dans rintervalle, Domitien succomba et Nerva fut élevé, à sa place, au trône impé* rial, (au 96 de l'ère chrét.). Or, le nouveau César, manifesta, vis-à-vis des Juifs, dès son avènement^ autant de bienveillance que son prédécesseur avait montré d'animosité. Il supprima notamment l'impôt si lourd et si humiliant dont ils étaient grevés depuis la ruine de Jérusalem, et qui était connu sous le nom deFiscus Judaïcus * .
Ce règne bienfaisant ne fut malheureusement qu'une édaircie dans un ciel sombre. Nerva ne conserva la couronne qu'un an à peine. En janvier 98, Trajan fut proclamé empereur.
Chaque fois que l'Empire subissait une crise, il semblait aux opprimés de Judée que le vieux monde allait se disloquer et que l'heure du triomphe d'Israël était enfin venue. Après la chute des Flaviens, ils purent croire de nouveau, grâce aux ambitions qui se
1 . Des médailles commémoralives furent frappées & cette occasiou . D'un coté on voit la tête de Nerva, de Tautre un palmier, avec cette exergue : Fisci jdoaIgi caluhria sublata. (De Saulcv, Numismatique
jmce.)
disputaient lo pouvoir et aux troubles qui éclataient partout, que la un du monde romain était proche. Comme aux temps de la grande insurrection précédente, des livres mystérieux, des prophéties apocalyptiques apparurent alors et furent répandus de tous côtés, dans le but de préparer les esprits à cet événement providentiel. Le quatrième livre d'Ezra, destiné à décrire le régne du quatrième monstre annoncé par Daniel, et à annoncer la chute de l'aigle terrible, symbole de l'Empire des Césars, fut composé certainement à cette époque ^ C'est un pamphlet politique et religieux qui ne le cède en rien à celui de l'Évangéliste de Pathmos. « Tu es, dit le Prophète à l'oiseau sinis* » tre, tu es le dernier des quatre animaux que j'ai fait » régner successivement, afin d'amener par eux la fin » des temps prescrits ; mais tu as surpassé ceux qui )) étaient avant toi. Tu as tenu le monde entier sous » ton pouvoir dans la terreur et dans l'angoisse. Tu » as régné par la ruse contre la vérité. Tu as opprimé » les justes et foulé les pacifiques. Tu as aimé les ca-
1. Les beaux travaux de Corradi, d'Ewald, mais surtout de Gustav® Volkmarr ont mis cette vérité hors de doute. La vision de TAigle (ch. XL et xii) s'applique exactement à Thistoire des Césars et fixe la date du livre au règne de Nerva. Les six paires de grandes ailes sont les six Césars de race julienne, César, Auguste, Tibère, Caligula, Claude, Néron. Les quatre ailerons sont les quatre usurpateurs ou anti-Césars, Galba, Othon, Vitellius, Nerva. Les trois têtes sont les trois Flaviens, dont la tyrannie est énergiquement accusée. Après eux, le quatrième aileron, Nerva, s^empare du pouvoir, mais c'est la fin du règne de FAigle qui expire se déchirant elle-m me .
i> lomniateurs, dévasté les campagnes, détruit les u demeures de ceux qui ne t'avaient fait aucun mal. » Or, ton infamie est arrivée jusqu'au Très-Haut et » ton orgueil jusqu'au Tout-Puissant. Et le Très-Haut » a jeté les yeux vers ta superbe et voilà qu'elle s'est » anéantie et tes scélératesses ont un terme. Aussi » tu vas disparaître, Aigle farouche, avec tes ailes n terribles, tes ailerons pervers, tes tètes malfaisantes, » tes serres criminelles. Tout ton corps s'évanouira, de )> sorte que la terre, rassérénée et délivrée de ta ty- » rannie, pourra espérer en la justice et en la miséri- » corde de son créateur K »
En effet, à côté de ces prophéties qui prédisent la chute de l'aigle, l'auteur place le tableau des grands jours messianiques promis à Israël. Les temps de contrition vont finir; les temps de la délivrance et du salut sont prochains, a Voici, les jours arrivent où le w Très-Haut va délivrer la terre, et Sion apparaîtra » à tous les peuples, édifiée de nouveau '. »
H y avait dans ces pages ardentes plus qu'il n'en fallait pour exalter le patriotisme et le fanatisme religieux.
Le livre apocryphe de Judith est aussi de cette époque. L'histoire de l'héroïne de Béthulie tranchantla tète à llolopherne endormi et délivrant son pays de l'ar. méede Nabuchodonosor,était, très-vraisemblablement,