‹ Les PharisiensChapitre 125 sur 258 · EusKBR, HisMrê EccliÀaniique, iv · texte numérisé non relu

EusKBR, HisMrê EccliÀaniique, iv

Les Romains se trompèrent d'abord sur la nature et la gravité du mouvement. Ils crurent que les forces qui se trouvaient alors en Judée, sous les ordres de Tinnius ou Turnus Rufus, suffiraient pour le contenir. Mais Rufus subit successivement plusieurs échecs sérieux ; les insurgés s'emparèrent de Jérusalem et de cinquante places fortes. Adrien comprit alors qu'on avait affaire, encore une fois, à un soulèvement inspiré par l'implacable patriotisme qui avait armé les Zélateurs sous Néron et exigé l'intervention des plus habiles généraux de l'Empire. Il envoya en Judée Julius Sévérus dont la bravoure venait d'être brillamment éprouvée dans la guerre contre les Bretons.

L'habile général renouvela la tactique de Yespasien et de Titus, consistant à refouler peu à peu les insurgés sans livrer de grandes batailles, se contentant de les battre en détail et les acculant enfin à un point central où on pût écraser d'un seul coup la révolte. Cette fois, ce centre fatal ne fut pas Jérusalem. L'armée de Bar Koziba ne put tenir longtemps dans la ville sainte qu'on n'avait pas eu le temps de fortifier. Tour à tour chassée de ce point et de presque toutesles autres forteresses qu'elle occupait,eUe s'enferma dans Béthar^ une place de guerre peu éloignée de la mer. Le siège dura plus d'un an. On vit s'y reproduire toutes les horreurs du siège de Jérusalem. Enfin, ce dernier refuge de l'insurrection fut emporté d'assaut, Tan i3o de l'ère chrétienne, le 9 du

mois d*Âb (août), le même jour, où, en Tan 70, le temple avait été détruit * . Les Romains firent un affreux carnage et c'est dans des flots de sang que la rébellion fut étouffée. La dernière guerre juive coûta aux défenseurs de la Judée près de six cent mille hommes, d'après les historiens romains eux-mêmes '. Les vainqueurs, de leur côté, éprouvèrent des pertes énormes. Mais ce fut l'effort suprême. Après cet acte , de désespoir ,les Juifs,convaincus de leur impuissance, déposèrent définitivement les armes.

Désormais la période héroïque du Judaïsme est close ;.)a période sinistre de la persécution s'ouvre devant les fils d'Israël mêlant les passions religieuses aux passions politiques.

Les suintes immédiates de cette fatale tentative furent eflVoyables. Adrien, à l'exemple d'Antiochus Ëpiphane, voyant que le fanatisme était la cause permanente de la résistance des Juifs, voulut les frapper danS'le principe même de leur foi et il le fit avec une énergie que n'avaient pas connue les despotes syriens.

Par ses ordres, Tinnius Rufus fit passer la charrue sur les ruines du temple '. Une nouvelle ville s'éleva à la place de Jérusalem, d'après un plan tout à

Page 1