LA RÉDACTION BT LES ÉLÉHSNTS DE LA LOI ORALE
Les événements douloureux qui venaient de s'accomplir firent sentir, plus vivement que jamais, aux docteurs tanaites, le besoin de poursuivre l'œuvre importante entreprise par Yochanan ben Zakkaî et par r Académie de Yabné. Us comprirent qu'il devenait urgent . de formuler le code de la nouvelle loi et de donner un guide aux communautés juives au moment où la persécution et Tintolérance allaient soumettre leur foi religieuse à de si terribles épreuves. Tout porte à croire qu'à Uschah, où s'était réfugié le Synhédrin, cette nécessité fut reconnue et que l'on y continua les travaux préparatoires des-
tinés à réunir les éléments de la vaste compilation dont le plan général avait été établi à Yabné. Hais les préoccupations de la guerre durent troubler les paisibles études des docteurs. Ce n'est que près de quarante ans plus tard, qu'un d'entre eux» illustre par son caractère autant que par sa science, put reprendre utilement et mener à bonne fin cette immense entreprise.
L'homme éminent à qui était réservé l'honneur de rédiger la Mischnah et d'achever la mission laborieuse des Tanaîtes, naquit à Tibériade, peu d'années après que le dernier rempart de l'insurrection, Béthar, fut tombé et qu'Âkiba eut péri, martyr de sa foi imprudente. Son père était Simon III, fils de Gamaliel, qui, à la mort dô ce dernier, avait hérité du patriarchat, tandis que la vice-présidence du Synhédrin était confiée à Yéhoschoua ben Hananiah.
Le fils du patriarche reçut, à son entrée dans la vie, le nom de Yéhoudab, auquel ses contemporains joignirent l'épithète de a saint » , que la postérité a conflrmée.Mais,avant de dire comment il parvint à construire et à achever le monument de la loi traditionnelle, il est indispensable de faire conualtre de quels matériau^ ce monument devait se composer et quelles difficultés, quels préjugés même s'opposaient à son édification.
C'était, en effet, dans les données de la tradition» une entreprise en quelque sorte révolutionnaire que de vouloir fixer par écrit la loi orale. Il était de principe incontesté qu'on ne pouvait la transmettre que verbalement dans renseignement des écoles, et que la codification écrite en était absolument prohibée. — La raison que la légende, la théologie et rhistoire donnent de cette interdiction est également bizarre.
Voici ce que dit la légende ^
tt Lorsque Moïse reçut à la fois la révélation de la n loi écrite et de la loi orale, il demanda à Dieu de lui » laisser écrire la seconde comme la première. Le n Seigneur lui répondit que, dans la suite des siècles, » la*loi devant être traduite en langue profane^ s'il lui » accordait sa demande, les peuples étrangers pour- » raient dire : « C'est nous qui sommes Israël et les » vrais fils de Dieu; » tandis que, s'ils ne possédaient » que la loi écrite. Dieu leur répondrait : « Non! vous n n'êtes pas mes fils au même titre qu'Israël. Celui- » là seul est mon fils qui, outre la loi écrite, connaît M eûcore mes mystères ('Su ^n^cDDH). Or, quels sont » ces mystères? c'est la Mischnah, la loi orale. Si la