JÉIU3AL., Synhédrin, 1-1 et 5, b
Iriarche? Est-ce par la volonté des Césars? Est-ce par un vote formel du Synhédrin? Est-ce par un mouvement spontané de l'opinion? Il est impossible de le préciser; mais les circonstances et le caractère de R. Yéboudah expliquent, jusqu'à un certain point, cette nouvelle organisation.
Les derniers incidents du patriarcat de Simon avaient été orageux. Un grave conflit de prépondérance avait éclaté entre le Nassi d'un côté, de l'autre R- Nathan, vice-président de l'Assemblée, et R. Méir, interprète officiel ÇHacham) V Cette querelle, où Méir ne céda qu'après une résistauce énergique, avait failli provoquer une crise gouvernementale aussi sérieuse qu'à l'époque de la lutte entre Yéboschoua ben Hananîah et Gamaliel. Peut-être pensa-t-on que ces crises dans les régions officielles étaient un danger qu'il fallait éviter à l'avenir et voulut-on y pourvoir en élargissant les droits et les attributions du patriarche. — D'autre part, la situation politique des Juifs dans l'empire était très-précaire. Pour les représenter et les défendre utilement auprès des autorités romaines, peut-être aussi reconnut-on qu'une plus grande concentration
t. Il B* agissait d'une question de préséance. Simon avait établi, de son autorité privée, un nouveau règlement hiérarchique qui donnait an vice-président et au 'Uacham un rang spécial dont ni Méir ni Nathan ne furent satisfaits. Méir, menacé de bannissement, déclara fièrement quHl ne reconnaissait pas l'autorité du patriarche, fi se sonmit néanmoins non sans peine, mais il ne voulut plus exercer de fonctions officielles et se retira dans TAsie-Mineure où jl mourut (V. «ur ce conflit, Gr.ctz, t. IV, p. 204).
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du pouvoir était nécessaire. L'heure n'était plus aux discussions théoriques et plus que jamais il importait de mettre un terme aux débats de personnes ou de principesde natureà causer des divisions. Toutes ces considérations d'intérêt public durent peser d'un grand poids dans la décision qui transforma eu pouvoir personnel ce qu'on pouvait appeler à bon droit jusque-là le régime parlementaire et représentatif du Judaïsme.
Quelles qu'aient pu être les causes générales de la réforme organique qui se fit alors dans les institutions» il est probable que la haute personnalité de R. Yéhou dah y contribua plus enpore que les événements.
Comme caractère, comme situation morale et socialOy comme science, il avait cette supériorité qui est le signe auquel les peuples reconnaissent ceux qui sont dignes de les conduire. Immensément riche^ il faisait de sa fortune l'usage le plus noble et le plus charitable. Dans une année de disette, il ouvrit ses greniers et put soutenir, par ses distributions de blé, ' toute la population indigente. Pour faire honneur à son sang, sa maison était tenue sur un pied vraiment princier, et sa table, toujours ouverte, était somptueuse ; mais lui-même était très-sobre et sa vie était aussi modeste que pieuse. — La faveur, et la considération dont il jouissait à la cour des Antonins ne lui inspiraient aucun orgueil ni aucune ambition égoïste. Il ne s'en servait que pour être utile à ses coreligionnaires . Aussi le temps de son patriarcat
fut-il pour Israël une ère de tolérance et de paix.
Son enseignement moral était à la hauteur de sa situation et de son caractère.
a Quel est, disait-il, le chemin que l'homme doit » choisir comme étant le meilleur? C'est celui qui » l'honore à ses propres yeux et qui le rend estimable i> aux yeux des autres. »
(c Soyez zélés pour accomplir un commandement » qui semble de peu d'importance, autant que pour » obéir à un précepte grave, car vous ignorez quelle » est la récompense attachée à l'observation des di- » vers devoirs. »
(c Comparez la difficulté qu'on peut éprouver à faire » une bonne action avec le bonheur que procure le » devoir accompli ; comparez aussi le plaisir éphémère >' que donne le péché, avec les malheurs qu'il en- » traîne. »
a Rappelez- vous^ d'ailleurs trois choses et vous ne )) tomberez jamais en faute. Sachez qu'il y a, au-des- » sus de vous, un œil qui observe, une oreille qui » écoute et un livre où toutes vos actions sont écri- » tes ^ »
Les chroniques contemporaines sont pleines de traits attestant la vertu, l'inaltérable bonté, la probité scrupuleuse de l'éminent patriarche. Le siurnom de Saint que lui donna, de son vivant méme^ la voix una-