Guerre des Juifs^ liv. V, ch. xiv et xv
Telle est, dans ses aspects superficiels, cette œuvre considérable dont nous ne pouvons qu'indiquer incomplètement les vastes proportions. Elle a immortalisé le nom de celui qui eut le mérite de l'accomplir; mais, ce qu'il faut signaler bien plus que les difficultés vaincues pour atteindre le but, c'est l'esprit dans lequel a été conçu et exécuté cet important ouvrage. En le produisant, le Pbarisalsme est resté toujours conséquent avec lui-même. La Mischnah, qui est la loi de la réforme pbarisienne, en est aussi, en ellemême, l'éclatante consécration.
La méthode qui présida à la rédaction, montre quel respect ses auteurs professèrent pour le droit d'examen et la liberté des doctrines. Toutes les traditions, tous les principes, furent passés au crible d'uue critique aussi attentive qu'impartiale. Chacun put formuler librement ses objections et ses doutes, et c'est à la seule raison que l'on demanda la décision définitive.
La nouvelle loi ne revendiqua pas davantage une obéissance passive et aveugle. Elle ne s'imposa pas comme une révélation divine de natui'e à lier à jamais les consciences. Elle n'attribua pas à ses dispositions un caractère d'infaillibilité. Loin de là I Ses auteurs lais-
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sèrent le champ libre dans l'avenir au droit de discussion et ne prétendirent nullement enchaîner h leurs idées les générations futures. S'ils exposent, sur les questions les plus graves, les opinions les plus opposées, les solutions les plus contradictoires; si, après avoir formulé la décision de la majorité des docteurs, ils mentionnent soigneusement l'avis de ceux, et même de celui C^W), dont le sentiment a été diflerent,» c'est, » disent-ils eux-mêmes, afîn de permettre aux sages » qui viendront après eux d'apprécier la question et » de la résoudre suivant les besoins etles progrès des » temps '. » C'est là une vérité que tous les théologiens juifs n'ont cessé de proclamer pour revendiquer, à toute époque, les droits imprescriptibles de la liberté d'examen. « Les auteurs delà Mischnah, dit le Talmud, » rendirent un immense service à la religion ; mais » ceux-là en sont les ennemis qui considèrent la Mis- » chnah comme la loi irrévocable '. » Aussi est-ce une maxime générale du Judaïsme d'alors u qu'il ne faut » pas s'incliner, sans réserve, devant les principes de )> la Mischnah ', » mais qu'on doit les examinera leur tour et que la Horahah^ ou décision suprême, ne doit être adoptée qu'après cette étude définitive *.