MisôniAB« Haçifuigah^ ch. n
Et TAgadah, complétant, par ses récits légendaires, cette théorie de bon sens, raconte l'histoire de quatre docteurs, Ben Azal, Ren Zoma, Akiba et Acher, qui eurent l'audace de s'aventurer dans « les » avenues du Paradis » (le domaine du mystère). L'un d'eux mourut; le second devint fou; le quatrième, Acher, apostosia ; Akiba seul sortit sain et sauf de cette périlleuse entreprise ^ , grâce à la fermeté de sa raison et de sa foi, c'est-à-dire s'en retira à temps de façon a n^y compromettre ni son corps ni son àme.
Il est impossible de peindre en traits plus saisissants le danger de cette recherche vaine. La santé s'y épuise ; l'intelligence s'y perd ; la foi elle-même y est atteinte ; il n'y a de sages que ceux qui, a l'exemple d' Akiba, se hâtent de revenir sur le terrain solide de la logique et de la vérité.
Ainsi, comme le premier législateur d'Israël^ le Pharisaïsme s'arrête silencieusement sur le seuil du mystère. Il ne nie rien, car il ne sait pas ; mais il n'affirme rien non plus et se garde bien de formuler, comme des dogmes obligatoires, des hypothèses qu'il se sent impuissant à justifier. — C'est la consécration manifeste du caractère essentiellement rationaliste de
1. Talmud, Bagguigah, 14. --11 faut remarquer que ces sages priucipes se trouveot précisément, comme un avertissement salutaire, dans le traité |talmudique où sont entassées tant de rêverie^ sur le» cieux et Tenfer.
la Réforme juive. Telle nous l'avons vue dans la lutte, telle nous la retrouvons quand, triomphante, elle pn^cise ses principes fondamentaux. S'en tenir à ce que la raison humaine peut comprendre ; laisser à Técart tout ce qu'elle ne peut pénétrer ; voilà la règle supérieure inscrite au frontispice même du code de la nouvelle loi.
Comme conséquence de ce principe^ le Pharisaisme repousse, en thèse générale, les croyances purement spéculatives qui ne peuvent s'appuyor que sur la foi. ilneditpasiisesfldMes: «crois», mais «comprends.» Le livre de la tradition applique même cette théorie rationnelle, au seul dogme juif, a la reconnaissance de rUnité de Dieu. Les docteurs talmudistes remarquent, en effet, qu'en proclamant le monothéisme absolu, la Bible n'a pas dit : «Crois, Israël^!)) mais bien, «Écoute, Israël!» mot profond qu'ils commentent et traduisent par cette pensée bien autrement expressive : « Comprends, Israël M »
Lorsque le grand Synode, au temps d'Ezra, commença l'œuvre de la Réforme et lorsque, dix siècles plus tard, le Talmud de Babylone y mit le sceau, la doctrine sur ce point s'est affirmée avec une égale