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LKS PHARISIENS. :«♦:;
rËtemité, parce qu'il u'en savait rien lui-même. II s'est borné à faire une religion pour l'homme terrestre, en lui inspirant l'amour et le, respect des (grands devoirs qui le lient à ses semblables et qui ont tous pour principe et pour but ce Dieu caché de qui le monde et ses créatures sont l'inexplicable manifestation.
Eu restant ainsi dans les limites du contingent et du réel, Moïse évita l'écueil où sont tombées généralement les autres religions. — Toutes sont d'accord, en effet, sur certaines vérités essentielles, qu'on peut appeler l'universelle révélation. Toutes sont à peu près uAanimes sur les fondements mêmes de la morale sociale et religieuse. Où elles se divisent, c'est lorsqu'elles veulent déHnir Dieu, comment il a créé, pourquoi il a créé et quel est l'avenir de l'homme au delà de ce monde. Alors les plus étranges fantaisies passent par Tesprit des prétendus révélateurs et l'on voit apparaître les aberrations monstrueuses ou les mystères bizarres sous lesquels la foi aveugle entend courber et assujétir la raison. Alors le fanatisme des croyants s'ajoute aux caprices des législateurs. Les hommes, les races, les nations se combattent, se déchirent, s'anathématisent l'un l'autre, et oublient les plus saintes lois de la fraternité pour s'imposer des croyances qu'ils ne peuvent comprendre et attester, par le sang des martyrs et le massacre des in
:m LES PHARISIENS..
crédules, des vérités qui no se peuvent démontrer.
Les docteurs pharisiens ont sagement, à leur tour, évité ce dauger. Sur ce point la doctrine est d'une netteté incontestable.
Déjà, Jésus, flls de Sirach, qui fut contemporain de Simon le juste Tun des derniers hommes du grand Synode, développant la pensée mosaïque, avait dit dans V Ecclésiastique : u Ne sonde pas ce qui est aun dessus do ton intelligence ; ne cherche pas à com- » prendre ce qui doit te rester caché. Contente-toi » de méditer sur ce qu'il t'est permis de saVoir et » abstiens-toi de tout ce qui est mystère ^ .
Il faut que cette maxime ait exprimé bien exactement ridée même des hommes du grand Synode, car on la trouve reproduite textuellement dans le Talmud* comme une règle souveraine, bien que l'œuvre de Ben Sirach, conservée seulement par sa traduction grecque, n'ait pas été admise parmi les livres canoni ques.
La Mischnah n'est pas moins affirmative, (c Celui, n ditrolle, qui ose porter ses investfgations sur les » quatre points suivants : ce qui est en haut, (l'infini) n ce qui est en bas, (la création) ce qui est avant, » (la naissance) et ce qui est après, (la mort) commet 0 une coupable témérité '. » '
i . Ecclésiastique, ch. m, 24 .