‹ Les PharisiensChapitre 194 sur 258 · Sfffemolh Rabàa, 9ect · texte numérisé non relu

Sfffemolh Rabàa, 9ect

VM) LES PHARISIKNS.

à exposer ces diverses manières de voir sans nous y associer autrement; mais on conviendra que cette argumentation atteste du moins un grand souci de conil)iner la prescience divine avec le libre arbitre et que cette grande question a été creust^e autant que possible par l'école pharisienne.

Au reste, elle est elle-même très-hésitante sur un point bien autrement considérable. Elle incline trèsvisiblement à penser que Dieu, ayant laissé à Thomme rentière liberté de ses actions, ne prévoit pas, d'une manière aussi infaillible qu'on le suppose, dans quel sens rétre libre se dirigera, et ne se détermine luimême que selon Tévénement.

Elle observe, en effet, que les livres saints sont remplis de faits attestant que les décrets de l'Éternel sont loin d'être immuables et que l'Omnipotent et l'Omniscient change, maintes fois, tout d'un coup, les arrêts de sa justice. Souvent même il semble se repentir, à régal de l'homme, de ce qu'il a fait ou de ce qu'il n'a pas fait. C'est ainsi qu'on le voit, dans la (ienèse, a se » repentir d'avoir créé le genre humain * » et décider qu'il fera périr toutes les créatures pour les punir de leurs méfaits, comme s'il n'eût pas prévu, en les créant, que Timperfection des êtres finis devait nécessairement engendrer le mal moral et le mal physique, et comme s'il n'eût pas dû savoir, alors, comme il le

|. (ÎRNÀ8E, Ch. VI, (i.

LKS PHAHISIKNS. 'i:n

sut après le déluge que u rinclinatioa du cœur de )) riiomme est mauvaise dès sa naissance *. n C'est ainsi que l'écrivain sacré, en parlant de la corruption de Sodome, montre Dieu ignorant, en quelque sorte, ce qui se passait dans cette ville infâme^ et venant faire une enquête pour juger si les accusations portées contre elle étaient vraies ou fausses * . — C'est ainsi encore que Dieu, irrité contre Israël, après avoir solennellement condamné la nation rebelle, modifle sa décision sur le plaidoyer plus ou moins logique de Moïse \ — % Un moment, fait dire à l'Éternel le pro- ») phète Jérémie, un moment je prononce contre une » nation ou un empire une sentence de bouleverse- » ment et d'extermination; mais que ce peuple, re- » doutant le châtiment, se détourne de sa voie crimi- » nelle, je me repentirai, à mon tour, du mal que j'ai » résolu do lui faire. De même, si j'appelle un peuple )) ou un royaume à la prospérité et à la stabilité, et )) qu'au lieu d'écouter ma voix il fasse le mal à mes M yeux, alors je me repentirai aussi du bien que je » voulais lui faire *. »

Ce point de vue est remarquablement développé

Page 1