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levier avec lequel les Pharisiens soulevèrent et dirigèrent le peuple dans les luttes mémorables du monothéisme contre l'idolâtrie et du droit national contre la tyrannie étrangère. C'est par l'espérance d'une autre vie qu'ils passionnaient le patriotisme, surexcitaient la foi et faisaient naître, dans toutes les âmes,* les plus admirables dévouements.
L'immortalité Qt la résurrection ont été certainement les croyances fondamentales des réformateurs du Judalsme. Le grand Synode les a proclamées en tête de sa liturgie dans les solennelles prières d'Elohaï Neschamah et de Schémoneh-Ezreh :
« Mon Dieu, dit la première, l'âme que tu m'as » donnée est pure; c'est toi qui l'as créée; c'est toi » qui l'as forriiée ; c'est toi qui l'as soufflée en moi ; » c'est aussi toi qui la conserves en mon sein. Tu me » la reprendras au jour de ma mort et tu me la ren- » dras dans le monde à venir. »
« Seigneur, dit la seconde, tu es tout-puissant; tu » entretiens les vivants par ta grâce, et, par ta misé- » ricorde infinie, tu ressuscites les morts. 0 notre » roi, tu fais mourir, tu rappelles à la vie et tu fais » germer le salut. Sois béni, Éternel, qui ressuscites » les morts! )>
Avant le second temple, cette croyance, à peine
ébauchée dans le Pentateuque, limitée à l'idée de
l'immortalité dans les prophètes, était encore vague
et flottante dans la pénombre des traditions anciennes ; II. 28
i34 LES PHARISIENS.
maïs, à cette époque, elle prit uae précision el une importance extraordinaires. C'est le legs le plus considérable que la Synagogue ait transmis à l'Église chrétienne et celle-ci l'a accepté sans réserve. Lorsque saint Paul revendiquait si hautement le titre de Pharisien, il ajoutait : « Et si Ton me poursuit, c*est parce » que je crois, comme le Pharisaïsme, à la.résurrec- » tion des morts ' . »
Les combats que les Pharisiens eurent à livrer pour défendre et faire triompher, contre l'incrédulité sadducéenne, cette doctrine spiritualiste, les ont entraînés au delà des limites prudentes qu'ils s'imposent généralement en tout ce qui concerne la destinée de l'homme hors do ce monde. C'est le seul point sur lequel ils aient formulé des affirmations qui ressemblent très-fort à des articles de foi.
La Mischnah, après avoir déclaré que « tout Israé- » litc a part à la vie éternelle » et qu'il en est de même pour « tous les justes des antres cultes,» s'exprime en ces termes : « Voici ceux qui n'auront point »> de part à la vie future : Celui qui nie la résurrcc - » tion, celui qui nie la révélation et l'athée. * » Il est vrai, s'il faut en croire le commentaire talmudique, que ce n'est point par une déclaration dogmatique, mais par une déduction rationnelle, que l'on est arrivé à cette
1. Pharisœas sum et Qlius Phariâœorum. De spe et resurrecUone inortnorum judicor. (Actes des Apôtres, cb. xxiii, r>.)