Ch. VII, p
2. Nous avons dit, (livre V^ ch: ii,) dans quel sens il fallait prendre les apostrophes de Jésus contre les Pharisiens hypocrites et à qui elles s'adressaient.
3. lhid,y p. 406. — Le passage dont parle M. Nicolas est emprunté au Talmud {Schàbbatht 73, a.) H y est établi que trente-neuf espèces d'œuvres serviles sont interdites dans le jour de repos.
que ce sont autant de points de casuistique et non des préceptes moraux? — La pratique du culte, avec la niultitude d'observances et de cas de conscience qu'elle soulève, est tout à fait étrangère aux principes de la morale pure. Ce n'est pas là qu'on doit chercher et ce n'est pas sur un tel spécimen qu*on peut juger la pensée du Pharisaïsme. Il faut regretter qu'un esprit aussi distingué que M. Michel Nicolas se soit ainsi arrêté à la surface au lieu d'aller au fond de l'enseignement pharisien. Il lui suffisait, pour cela, de parcourir le beau traité de morale où sont enregistrées avec soin toutes les maximes des docteurs qui ont fait autorité en Israël, et qui a été inséré dans la Mischtiah sous le nom caractéristique de Sentences des Pères y Ptrké Aboth \ afin de bien constater devant l'histoire qu'il contient la vraie doctrine et la vraie tradition des Pères de la Synagogue. Il y aurait vu ce que les sages du second temple ont enseigné touchant les devoirs de l'homme envers Dieu, envers ses semblables et envers lui-même ; il aurait pu se convaincre que^ loin d'avoir négligé de rechercher la règle supérieure du vrai, du bien et du beau, ils ont, au contraire, défini la loi de la morale humaine en quelques préceptes fondamentaux qui les placent à l'égal, on peut même dire au premier rang des moralistes de tous les âges.
i. Nous aTOUB déjà dit que ce traité, qae nous avons cité ai souvent, est la généalogie même du Pharisaïsme depuis les hommes du grand Synode.
Pour bien apprécier la portée des principes sur lesquels ils ont posé la loi du devoir, il est nécessaire de préciser le point de vue général d'où ils l'ont envisagée.
La société qu'ils voulaient fonder était, dans la plus haute acception du mot, une société religieuse. M. Michel Nicolas, en constatant lui-même ce but élevé, semble y voir une cause d'infériorité * par rapport aux grandes écoles philosophiques où les idées morales étaient déterminées par l'étude de l'homme et par les conditions mêmes de son existence plutôt que par les théories des religions positives. Nous y voyons, au contraire, une preuve de supériorité. Ce qui se passe sous nos yeux n'en est-il pas la triste démonstration ? Les monstrueuses doctrines qui se sont produites de nos jours, ne disent-elles pas à quelles aberrations l'esprit humain peut aboutir quand il brise les freins salutaires de l'idée religieuse? Ce qu'on appelle la morale indépendante, n'a plus de la morale que le
i. « Ud peuple, dit-il^ dont la yie spiritaeUe tout entière reposait » sur une révélation, ne pouvait avoir une morale indépendante de la n religion. Il en était da moins ainsi dans les écoles palestiniennes.» IfHd, ch. vil, p. 381.)
nom. La pente qui entraine de l'oubli de Dieu à la négation de Dieu, du matérialisme au nihilisme, est aussi rapide qu'elle est fatale.
Mais quoi ! Est-il possible de concevoir Tordre universel en dehors de Celui qui en est la cause première? Est-il possible de séparer la créature de son créateur? Si l'existence, avec tous ses phénomènes, vient de l'Être suprême qui a tout fait, peut-on logiquement admettre que toutes les facultés de l'âme, toutes les inspirations de la conscience, en unmot, toutes les notions du devoir n'en viennent pas également ? L'athée seul peut prétendre que le principe de la loi morale est ailleurs que dans l'idée de Dieu ; mais quiconque croit en un Dieu créateur, protecteur et rémunérateur, sent bien que la pensée même des grands devoirs moraux n'a pu se former dans l'esprit humain que par une révélation mystérieuse qui est la base essentielle de toute religion.
La vertu, suivant la belle définition de Cicéron, écho des philosophes de la Grèce, n*est autre chose que il la nature humaine conduite à la perfection ^ , n c'està-dire, suivant le mot de Platon ^,(( ayant pour but de » faire prédominer, sur la partie brutale et passionnée » de notre être, la partie divine et raisonnable. >
1. Eat Tirtos nîhil aliud quam in 8e perfecta et ad snmmuiii perdu cta natura. (Cicbbo, de Legibus.)