DlUTtllO!fOMB, ch. XXX
3. Nous avons analysé plus haut les passages saillants des écrits prophétiques à ce sujet. — Voir livre I»"", ch. ii.
d'après cette doctrine, ne doit être remis en possession de son patrimoine, que pour devenir l'initiateur du genre humain, le pontife et le pasteur des peuples.
Ce vaste messianisme, civilisateur et moralisateur, qui était, dans la large conception des prophètes, bien plus l'avènement d'une ère nouvelle que l'avénement d'un homme, prit bientôt, sous l'influence des malheurs de la. nation juive, un caractère plus personnel. Dans la captivité et dans les épreuves, Israël attendait naturellement et désirait bien moins une régénération palingénésique pour tous les peuples qu'un libérateur pour lui-même. En interrogeant ses livres sacrés, il y trouvait l'assurance a que le sceptre ne sor- » tirait pas de Juda jusqu'à l'arrivée du Schilô ', » et il s'en emparait pour croire qu'un héritier des rois de Juda, messie du Dieu de Jacob, rendrait au peuple élu sa grandeur et sa liberté. David^ qui est resté dans les souvenirs populaires le type le plus parfait de la royauté juive, et qui ^st lui-même appelé souvent le messie précurseur, fut naturellement regardé comme la souche providentielle d'où devait sortir le messie rédempteur '. Désormais la légende messianique fut complète ; aussi tous les prophètes annoncent et célè-
1. GiirftsK, XLix, 10. — Le mot obscur Schilô est considéré par la tradition comme synonyme de Messie.