Chapitre III. — Le patriarche Gamaliel et Yéhoschoaa bon Hananiah
Gamaliel, esprit autoritaire ; — son caractère et ses connaissances. — Révision des décisions de Técole d*Hillel et de Técole de Schammal. — Prétention de trancher le débat par un fait surnaturel.— Énergique protestation de ïéhoschoua ben Hananiah, au nom de la liberté humaine, contre Tautorité du miracle. — La majorité lui donne raison et le débat est terminé par un compromis. — Sévérité excessive de Gamaliel dans la vie publique. — Yéhoschoua ben Hananiah devient le chef de Topposition. — Sa vie privée et ses grandes qualités. — Son bon sens et sa modération. — Remarquable principe de tolérance quUl fait admettre pour les hommes de bien de tous les cultes. — Sa laideur ; mot spirituel qu'il a dit à ce sujet. — Mesures arbitraires et anti-libérales prises par Gamaliel. — Ses discussions avecYéhoschoua ben Hananiah. — Peine bicarré qu'il lui impose. — Il veut le traduire devant le tribunal criminel. — Une émeute éclate. — L'enceinte du Synhédrin est envahie. L'assemblée se constitue en cour de justice. Gamaliel est déposé (an 117). — Un jeune docteur, Eléazor ben Azariab, est nommé & sa place. — Le nouveau Massi, ses idées morales, un de ses sermons. — Il fait décider que Gamaliel lui sera adjoint. — Le Synhédrin ordonne une grande enquête publique tendant à fixer les règles essentielles du droit traditionnel. — Remarquable application du principe de la souveraineté populaire en matière religieuse. — Les résultats de cette enquête ont été consignés dans un traité de la Mischnah (ffdoi*yolh, les témoignages).
Chapitre JV. — Révision du canoa biblique et rupture avec le Christianisme 227
Après des débats approfondis, l'Académie de Yabné admet VEcdéslastê et le Cantique des Cantiques, parmi les Saintes Écritures. — Révision du rituel. — Insertion dans la liturgie d'une formule contre les Chrétiens désignés sous le nom de Minim (hérétiques). — C'est la vraie date de la rupture entre la Synagogue et l'Église. — Progrès de l'antagonisme entre les deux croyances. — Jusqu'à VÉjpiire Ottx Hébreux de saint Paul, les Pharisiens purent croire que les Judéo- Clirétiens resteraient fidèles aux commandements essentiels de la
loi. La condamnation des doctrines de Paul par les autres &i»dlres et par Tauteur de T Apocalypse (an 69) confirme lear illusion. — Les Taualtes conservent des rapports fréquents et intimes avec les Chrétiens de Judée. — Après rÉvangile de Jean (vers Tan 80), le doute dcTient impossible. ^ Devant la proclamation de la divinité de Jésus, les docteurs de Yabné protestent au nom de la foi unitaire et condamnent formellement, dans le nouveau rituel, la doctrine chrétienne.