‹ Les PharisiensChapitre 55 sur 258 · ihid., if*ifi · texte numérisé non relu

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La Galilée était la terre classique des mouvements républicains '. C'était là, on s'en souvient, qu'Ëzéklas avait bravé Hérode à l'époque d'Hyrcan il ; c'est là qu'un certaia Ëléazar, fils de Dinaï, que Josèphe appelle, selon 'son habitude, un voleur de profession, vint se mettre à la tète des Juifs soulevés par suite du conflit avec Samarie. Cet Ëléazar ben Dinaï avait réuni, depuis longtemps déjà, des hommes déterminés avec lesquels, réfugié dans la montagne, il eu sortait pour ravager et brûleries villages des Samaritains. La révolte dont il fut le chef en Galilée, fut plus grave que Josèphe lui-même ne le prétend. Beaucoup de Juifs irrités de la partialité de Cumanus se joignirent aux insurgés, disant « que le moment était venu » de recouvrer la liberté et que la servitude est assez u funeste par elle-même sans que les ii^ustices et les » outrages la rendent encore insupportable '. » L'agitation était entretenue d'ailleurs par un nommé Dortos qui avait une grande situation et par quatre autres de ses amis.

Évidemment ces faits méritent un nom plus honorable que celui de brigandage dont les historiens romains et les flatteurs des Césars flétrissent le mouvement national de la Judée. Josèphe est bien forcé de convenir que ta réiiellion prit des proportions mena-

1 . Les Zélateurs s'a|i|ieUieul .iu?si (iiililèeuE. se rott^chmil au siiiivenir de Jiidai I' Guulooib'.

■2. Joseph I, iDùf.. oh. v.

raates. D'après soa propre récit, les hommes les plus considérables de Jérusalem, revêtus d'un cilice et la tête couverte de cendres, comme aux jours de calamité publique, intervinrent « auprès du grand nom- » bre de ceux de leur nation qui faisaient cause V commune avec les rebelles, les suppliant de déposer )) les armes et de ne pas exposer leur patrie à uoe n ruine inévitable ^ » Ces conseils furent heureusement écoutés. Ëléazar ben Dinaî, réduit à ses propres forces, ne put tenir contre les troupes aguerries de Cumanus ; il se retira de nouveau dans ses montagnes inaccessibles.

La montagne et le désert* étaient, en Judée, comme sont les Abruzzes en Italie, la Kabylie et le Saharah en Algérie, le refuge de tous les mécontents et de tons les criminels. C'est là que se préparaient, se fomentaient et s'organisaient, c'est de là que partaient, à l'heure opportune, toutes les tentatives des patriotes contre la domination étrangère, aussi bien que les entreprises des bandits nomades contre la société. A coup sûr ces troupes assemblées pour combattre les autorités souveraines du pays^ contenaient bien des éléments de la pire espèce ; mais n'y voir que les hommes, demi soldats, demi brigands, qui les composaient et ne pas considérer aussi le but patriotique de ces audacieuses levées de boucliers, re nVsi ni de la vérité ni de la justice.

Le conflit avec Samarie parut d'ailleurs d'un caractère beaucoup plus sérieux à Numidius Quadratus, gouverneur de Syrie, à qui la question fut soumise. 11 punit de mort Dortos et ses quatre complices ; puis il envoya à Rome, pour s'y justifier devant l'Empereur, Ananias alors grand prêtre, le capitaine Ananus, plusieurs des Juifs et des Samaritains qu'on accusait d'être les chefs du mouvement, et enfin Cumanus luimême et un maitre de camp, nommé Celer, pour répondre aux soupçons de corruption qui planaient sur eux. L'intervention puissante d'Agrippa, qui était alors à la cour impériale, et la bienveillance d'Agrippine sauvèrent les Juifs accusés de la peine dont ils étaient passibles. Ils furent mis en liberté, mais Olimaiius fut exilé et Celer condamné à être traîné par les rues de Jérusalem jusqu'à ce que mort s'en suivit.

Cet incident était un symptôme du travail intérieur qui se faisait sous l'action du parti révolutionnaire. Il faut dire aussi que ce parti trouvait sa justification dans les exactions et les violences des procurateurs romains. La tyrannie étrangère s'ajoutait à l'anarchie intérieure.

Claude Félix, frère de rafTranchi Pallas si puissant à la cour des Césars, avait été nommé gouverneur de

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Judée après la disgrâce de Cumanus. A peine installé, on le voit faire un pacte avec cet Ëléazar ben Dinal qui était le chef de Tinsurrection de Galilée. Le procurateur le fit venir à Jérusalem avec ses gens, sous promesse de l'amnistier et de lui donner la vie sauve. En effet il se contenta de l'envoyer à Rome, mais il laissa ses compagnons en liberté dans la ville sainte. Ces hommes habitués, dans leur vie du désert, à toute sorte de méfait s, remplirent Jérusalem de vols et de meurtres. Chaque jour quelque crime épouvantable venait effrayer les honnêtes gens. Félix, loin de sévir, semblait le complice secret de ces brigandages. Ce qui est certain , c'est qu'il se servit lai-même de ces bandits pour se débarrasser de Jonathas, le grand prêtre, qu'il haïssait à cause des remontrances sévères que le pontife ne cessait de lui adresser. Plusieurs d'entre eux, déguisés et armés de poignards, se glissèrent parmi les serviteurs da grand prêtre et le frappèrent mortellement * . Non-seulement ce crime resta impuni, mais encore ces scélérats, encouragés par la haute protection qui semblait leur être assurée, s'organisèrent, en quelque sorte, en entrepreneurs d'assassinats, mettant leurs poignards au service de toutes les vengeances particulières. Ils choisissaient de préférence,pour accomplir leurs forfaits, le temple et les grandes solennités publiques, où la foule pressée leur permettait d'atteindre à coup sur leurs victimes et d'échapper ensuite

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