SrtTO!ii, 34 et suiv. — Tacite, Annales^ xv
lyre et il devait se signaler, à son tour, par des raffinements de barbarie dont on a peine à croire que l'espèce humaine puisse concevoir la pensée. L'extermination des juifs de Judée suivit de près l'extermination des chrétiens de Rome. Â peine les supplices de l'an 64 finissaient-ils, que la guerre implacable de Tan 66 commençait la torture du peuple juif, si justement appelée par Salvador « un populicide. » Près de douze cent mille hommes périrent dans cette boucherie de quatre années, dont le dernier coup fut la destruction du temple, la ruine de Jérusalem et la dispersion définitive des restes d'Israël dans le monde. Les Chrétiens n'ont rien à envier aux Juifs. La furie romaine, ou plutôt la haine du paganisme contre le monothéisme et contre la religion du Christ, n'a épargné ni les uns ni les autres. Pour avoir été frappés deux ans plus tard, les seconds ne l'iftit été ni moins violemment ni moins impitoyablement que les premiers.
A leur tour, les Chrétiens ont-ils été pour quelque chose dans le développement de l'insurrection de Judée? La question est douteuse; mais, en considérant les sentiments de vengeance que les frères des Églises de Palestine et la communauté ébionite de Jérusalem éprouvèrent nécessairement contre Néron et l'Empire romain, il est probable qu'ils durent faire écho aux idées d'indépendance et souffler aussi le feu
des passions nationales. Néanmoins l'élan était donné, et leur influence, si elle s'exerça, n'eut pas beaucoup à faire en présence de l'enthousiasme qui entraînait les zélateurs.
Quant aux autres partis, à l'exception des Schammaistes qui se jetèrent résolument dans le mouvement révolutionnaire, ils firent tous leurs efforts pour apaiser les esprits. Les Hillélistes, assez semblables à la société moderne des Amis de la paix, suppliaient les exaltés d'entendre les conseils de la sagesse '. Le vent emportait leurs paroles. Les chefs du Sacerdoce et les Sadducéens conseillaient aussi la conciliation et employaient tout leur pouvoir à modérer les entraînements populaires; mais ils étaient eux-mêmes trop suspects pour être obéis. L'heure n'était pas éloignée où, la terreur régnant à Jérusalem, ils devaient périr, massacrés par la foule qui, depuis si longtemps, avait appris à les mépriser et à les haïr.
Telle était la situation quand, vers le milieu de l'aa 66, le parti révolutionnaire, ayant chassé Agrippa II, prit hardiment la dictature et déclara une guerre irréconciliable aussi bien à la monarchie qu'à la domination romaine.
1. Les chroniques talmudiques ont conservé le souyenir des efforts que les Pharisiens du parti d'Hillel firent en faveur de la paix, et de Ténergie avec laquelle ils blâmèrent les Kanaïm (Zélateurs.) T«LauD, GuiUin 36. — Mtdrasch Kchd.)