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LE GOUVERNEMENT RÉVOLUTIONNAIRE EN JUDÉE

Le premier dictateur de ce gouvernement improvisé fut un homme d'une certaine valeur qu'il ne faut pas confondre avec les chefs démagogues qui lui succédèrent, n se nommait Ëléazar ben Hananiah. Son père, Hananiahy fils deNébédée, était chef du parti sacerdotal^ bien que le grand prêtre alors en fonctions fût Mathias, ûls de Théophile; mais celui-ci avait très«peu d'autorit*^ et de crédit, tandis que le premier exerçait une grande influence parmi les hautes classes et même sur une partie du peuple.

Ainsi, par une fatalité, malheureusement fréquente en temps de révolution, le père et le fils se trouvaient dans deux camps opposés. Hananiah était l'àme du parti de la paix. Ëléazar était la tête du parti de l'action. Ce n'était pas cependant un agitateur vulgaire. Préposé général du temple, il avait l'expérience de l'administration et n'était pas incapable d'organiser un gouvernement. Aussi, tout en donnant pleine satisfaction

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aiix vœux de son parti, il s'étudia à conserver un caractère de légalité aux mesures radicales qui furent prises. C'est ainsi que secondé par le fanatisme des disciples de Schammal, il put entraîner le Synhédrin lui-même et en faire Tinstrument de la révolution.

Le Synhédrin devint alors une sorte de convention nationale avec un pouvoir souverain. Le président en était Simon II, fils de Gamaliel TAncien. Depuis l'an 50 il avait succédé à son père *. Il appartenait, comme lui, à l'école d'Hillel, et devait singulièrement se trouver gêné à la tête de cette assemblée révolutionnaire dont îl était chargé d'exécuter les arrêts. Sa doctrine était, en effet, confortne aux traditions pacifiques dont il avait hérité de son père ; une de ses maximes, inscrite dans le traité Abotb, porte que : « le monde repose sur trois fondements : la » vérité, la justice et la paix'. » Toutefois, il parait certain que Tesprit de la majorité schammaîste finit par déteindre sur lui, soit qu'il ait été influencé par le mouvement général, soit qu'il jugeât utile d'afficher en public des opinions plus avancées qu'il ne les avait réellement. Josèphe le montre très-actif parmi les partisans de la guerre et même ami particulier d'un certain Jean de Gischala que nous verrons bientôt à la tête des démagogues les plus effrénés *.

i. SiPHU YucHAMiM, lUte (lad docteurs Tanalte».

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