‹ Les PharisiensChapitre 66 sur 258 · I. Ju)KruG. ibi(t · texte numérisé non relu

I. Ju)KruG. ibi(t

l'indépendance nationale; un grand nombre d'entre eux se rallièrent au parti de la révolution.

L'Orient était d'ailleurs frémissant. On sentait, dans tout l'Empire, que se disputaient déjà les ambitions des. chefs militaires, les sourds tressaillements des populations. Des hommes sérieux, en observant les symptômes de dissolution qui se laissaient entrevoir, pouvaient penser qu'un grand soulèvement oriental, dont la Judée serait l'âme, n'était pas une entreprise sans espoir. La mort de Néron devait bientôt donner une grande consistance à cette prévision. La Gaule et r Allemagne allaient se révolter en même temps. On pouvait prévoir que les compétitions de pouvoir entre les généraux entraîneraient de nouveau les armées romaines dans les fureurs de la guerre civile et les détourneraient des questions extérieures. Josèphc déclare que cette situation menaçante, ces dissensions intestines furent le plus vif stimulant de l'insurrection de Judée. La jeunesse juive embrassa avec ardeur le parti de la guerre. Elle excita même un mouvement redoutable dans tout l'Orient, en liant à sa cause les nombreuses populations juives qui habitaient au delà de l'Ëuphrate * .

Le même historien ajoute que les peuples voisins crurent non- seulement à une guerre d'indépendance, mais encore à une guerre de conquêtes do la part des

t. JosÈPBE, Guerre des Juifs, prologue.

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Juifs. C'eu fut assez pour réveiller contre ces derniers toutes les haines mal assoupies. Dès qu'on les ~vit en hostilité ouverte avec les Romains et, par conséquent, privés de la protection toute-puissante que les Césars leur avaient accordée jusque-là, on ne garda plus aucun ménagement vis-à-vis des colonies juives répandues dans tant de contrées éloignées. Une sorte de mot d'ordre sinistre, auquel la politique romaine ne fut peut-être pas étrangère, semble alors avoir été donné dans l'ombre. Les massacres des Juifs commencèrent sur divers points avec un ensemble qui ne permet pas de n'y voir que des faits accidentels et locaux. A Césarée vingt mille Juifs furent égorgés en un seul jour, sans avoir donné aucun motif à leurs assassins et sans qu'un seul put échapper au carnage. Florus, évidemment complice, faisait saisir ceux qui s'enfuyaient K A Scythopolis une odieuse trahison en fit tomber, sous le fer des habitants, treize mille qui s'étaient réfugiés dans un bois voisin ', A Ascalon on en massacra deux mille cinq cents; à Plolémalde, deux mille. A Tyr mêmes exécutions. A Uippone et à Gadara on se contenta de les expulser ^ L'esprit de haine soufflait de toute part. A Alexandrie, où le feu couvait sous la cendre depuis Caligula, les passions s'enflammèrent tout d'un coup plus terribles

1. JuâfiPHK, Guerre des Juifa^ IW. H, ch. xxxiii. L Ibid.^ ch. XXXIV.

'•\. ïhid . rh. XXXV.

que jamais. Une rixe éclata. Les Grecs prirent quelques Juifs pour les brûler vifs dans l'amphithéâtre ; mais la population juive, nombreuse et résolue, entoura l'édiflce^ brandissant des torches et menaçant de Tinceudier. Il fallut deux légions romaines, assistées de cinq mille Lybiens, pour avoir raison de ce mouvement. Les troupes et les Grecs poursuivirent les Juifs dans leur quartier du Delta. Là s'engagea une bataille désespérée. Cinquante mille Juifs y périrent et la fureur de la populace s'exerça jusque sur leurs cadavres ' . A Damas, mêmes déchaînements. Dix mille Juifs furent égorgés dans le Gymnase '.

Ce fut le début de cette persécution universelle qui devait désormais atteindre partout les fils d'Israël et à laquelle la guerre romaine allait fournir, comme une hécatombe eifroyable, plus d'un million de victimes. On voit, par là, que, dès cette époque, le martyrologe juif égalait en horreur le martyrologe chrétien.

Les Zélateurs répondirent à ces massacres par une de ces mesures de violentes représailles qui caractérisent les gouvernements révolutionnaires. Ils mirent les païens hors la loi. A l'instigation d'Éléazar ben Hananiah, le Synhédrin schammalste rendit un décret qui est resté célèbre dans les annales juives sous le nom des u dix-huit points » ^21 'n'^- On y interdisait

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