‹ Les PharisiensChapitre 83 sur 258 · Aboth, ch. Il · texte numérisé non relu

Aboth, ch. Il

2. Le mot Tanaim est une expression araméenne qui signifle « Docteurs de la Mischnahy » seconde loi, StuTepuviç. — En araméen, ta Mischnah, qui désigne essentiellement la loi orale, est appelée MatnUa ; d*où l'adjectif Tanaîm,

seconds législateurs du Judaïsme en fixant les principes et les conséquences du droit coutumier que le Pharisalsme avait fait prévaloir peu à peu sur les règles de l'ancien droit écrit. La dénomination était aussi juste que significative.

La vaste érudition de R. Yochanan ben Zakkal, le caractère encyclopédique de son enseignement, sa longue participation au mouvement de son époque, car ilétait,dit-on,àgé de cent-vingt ans lorsqu'il mourut, fournirent à l'Académie de Yabné des éléments d'information aussi abondants que précieux ; mais l'illustre patriarche termina sa carrière vers l'an 80, lorsqu'on posait à peine les premiers fondements de l'édifice qu'il s'agissait de construire. On a dit de lui qu'à sa mort^ a l'éclat de la science s'était éclipsé ^ » Ce mot montre l'estime que ses contemporains avaient pour sa grande intelligence.

Yochanan ben Zakkal avait été élevé à la présidence du Synhedrin, bien qu'il ne fût pas de la descendance d'Hillel à laquelle, on s'en souvient, cette haute dignité était réservée à titre héréditaire. Les immenses services qu'il rendait au Judaïsme avaient justement motivé cette dérogation au principe. Toutefois, pour concilier les devoirs de la reconnaissance publique aveclaloi, Gamaliel, fils de Simon, lui avait été adjoint.

1. Taliiitd, Soto. — Or«tz, Geschichte der Juden, t. IV*, p. 27.

A la mort de Yochanan, il fut officiellement promu au patriarcat, qu'il occupa sous le nom de Gamaliel IL Le nouveau patriarche ne possédait pas^ comme son prédécesseur, l'autorité personnelle du caractère et du savoir; mais il poursuivit avec non moins d'ardeur l'œuvre entreprise. Autour de lui se groupèrent les principaux disciples de YocbananbenZakkaïet les plus illustres maîtres pharisiens de ce temps, qu'il est nécessaire de faire connaître dans leurs personnes et dans leurs doctrines, afin de déterminer par quels moyens ils arrivèrent à préparer et à réunir les éléments de la Mischnah.

Les personnages les plus intéressants du cercle des premiers Tanaites furent d'abord les disciples favoris de R. Yochanan ben ZakkaL C'étaient Éliézer ben Horkanos, YéhoschouabenHananiah, José-Ha-Cohcn, Simon ben Néthanel et Éléazar ben Harach.

Le maître énonçait sous une forme originale les qualités qui distinguaient chacun d'eux et le cas qu'il faisait de leur caractère. « Éliézer, disait-il, est une » citerne fortement enduite qui ne laisse pas échapper » une seule goutte ^ Yéhoschoual Heureuse colle qui

1. Cette définition peint très-exactement et très-pittoresqnement Tespritet la doctrine d'ÉIiézer ben Horkanos. C*était un homme d'an

» Ta mis au inonde! José est un saint. Simon fuit le » péché. Éléazar est une source abondante ^ » Il ajoutait, employant une hyperbole usuelle dans le langage d'alors : a Si les sages d'Israël étaient dans » l'un des plateaux d'une balance et Éliézer ben Hor- » kanos dans l'autre plateau, il pourrait leur faire con- » tre-poids *. »

Les sentences particulières que la tradition a recueillies de ces cinq disciples de prédilection, prouvent combien était pure la morale qu'ils professaient.

Eliézer disait : a Que l'honneur de ton prochain te Q soit aussi cher que le tien propre. Ne sois pas prompt n à te mettre en colère et fais pénitence un jour avant » ta mort ^. »

Yéhoschoua disait : « L'envie, les mauvaises n passions et la misanthropie abrègent la vie humai - » ne. n

José disait : « Ménage les intérêts de ton prochain » comme tes propres intérêts. — Livre-toi à l'étude 0 car tu ne peux acquérir l'instruction par héritage,

grand savoir, mais un traditionnaliste exagéré qui poussait jusqu'à l*dbsurde le respect de la tradition. Il ne laissait pas en effet échapper une goutte de ce qai lui avait été transmis, mais il repoussait, sans examen, tout ce qu'il n'avait pas reçu de l'héritage des anciens maîtres et répondait invariablement^ toutes les objectons : « Cela, » je ne l'ai pas entendu enseigner. » ^rVCU vh (Voir sur cette doctrine étroite GtJSTz, t. IV, note 5).

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