‹ Les PharisiensChapitre 94 sur 258 · Talmud, SifnhédriM 32, b · texte numérisé non relu

Talmud, SifnhédriM 32, b

penvent être regardées comme un fait exceptioimel. H était notamment versé dans l'astronomie et les sciences mathématiques ^ Il montrait un grand esprit de tolé* rance envers les étrangers et avait^ lui aussi, protesté contre le fatal décret du Synhédrin zélateur qui mettait les païens hors la loi '. Du reste, il ne professait pas pour les coutumes païennes elles-mêmes le fanatisme aveugle qui animait alors la plupart des Juifs '. Si ce n'était pas un grand caractère, c'était du moins un esprit très-droit, d'une probité inflexible à laquelle se joignait une charité exemplaire. On cite de lui, sous ce double rapport, des traits qui sont vraiment touchants ^. Il était également d'une très-grande humilité ; malgré sa dignité suprême^ quand il invitait ses collègues à sa table, il les servait lui-même^ se tenant debout derrière eux '.

1. On raconte quUl se servait d^instramenis d'optique pour obseryer le cours des astres et qu'il avait établi, sur les murs de sa chambre de travail, des tables lunaires d'une grande exactitude (Misghzia h BoÊch ha-Schnah n, 4. — Talhud, Eroubim 43, b).

2« MiscmiAH, Beisa, ch. m, § 2.

3. Un jour qu'il se rendait à une maison de bains devant laquelle était placée une statue de Vénus, quelqu'un s'étonnait qu'il allât ainsi dans on lieu où se trouvait une telle idole : a La statue, répondit-il, » ne sert pas ici d'idole ; ce n'est qu'un simple ornement et ce n'est » point en son honneur que le bain a été construit » (Miscbnah Àboda Zara, ch. m, § 1).

4. Voir l'épisode relatif à son esclave et autres actes analogues (Talhub, Baba Kama 74. » Baba Met%ia 74, b).

5. Cet acte d'humilité est rapporté par le Talmud (ICiddotisc/Um 32) en des termes qui font connaître en même temps les idées élevées des autres docteurs de l'époque. « Gamaliel, y est-il dit, avait invité

Mais, autant il était bienveillant et humain dans la vie privée, autant il était sévère dans la vie publique. Ses maximes et les actes de son patriarchat n'eurent d'autre objet que de soumettre les hommes et les choses au niveau de l'autorité. « Donne-toi un maître, » porte une de ses sentences, afin de dissiper tes don- » tes et ne diminue jamais la portée des décisions » prises ^ » Ce qui veut dire en langage vulgaire : n Obéis à tous les ordres que te donnent tes supé- » rieurs. »

» aa banquet nuptial de son fils, trois docteurs, Ëliéier, Yëhoschoua » et Tsadok. Quand les convives furent assis, le patriarche, tenant » une coupe à la main, fit le tour de la table et offrit, lui-même, à tt boire à ses hôtes. Le premier docteur, honteux d*être servi par un » aussi grand personnage, refusa, mais le second accepta. Son col- M lègue lui dit alors : « Ami, comment peux-tu soufiTrir qu*un tel B homme fasse, à ton égards Tofflce d'un domestique ?» « « Eh » pourquoi non, si c'est son plaisir? répondit Yéhoschoua. Quelque s> grand qu'il soit, il n'en est pas moins un homme. Qui ftit plus > grand qu'Abraham? Cependant nous le voyons servir ses trois » h6tes comme un humble serviteur, ignorant que c'étaient âg» en- » voyés divins et croyant que ce n'étaient que des hommes I » » » « Mes amis, dit alors Tsadok, vous cherchez des exemples d'humi- D lité parmi les créatures ; cherchez-les plutôt chez le Père de tout 9 ce qui existe. N'est-ce pas lui qui fait germef et mûrir les moissons » et les fruits, et place, chaque jour, devant nous une table toute » servie? Que sont les services des hommes en comparaison de ceux- » là?»

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