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CHAPITRE TROISIÈME

LE PATRIARCHE GAUALIEL ET tÉHOSCHOUA BEN HANàNlAH

Après la mort de R. Yochanan ben Zakkaî, on se rappelle que le patriarchat avait été déféré à Gamaliel II , fils de Simon. Yabné resta, comme auparavant, le siège patriarchal où résidait Gamaliel et où se réunissait le Synhédrin ; mais la mort de Yochanan relâcha un peu les liens gui rattachaient à lui, par Tautorité de la science et du caractère, les principaux docteurs tanaltes. Gamaliel n'était pas une personnalité assez éclatante pour maintenir autour de lui et dominer tous les maîtres éminents gui avaient concouru à la fondation de l'Académie de Yabné. La plupart d'entre eux se répandirent un peu d'un côté et d'autre, et établirent sur divers points leur enseignement spécial. On a déjà vu gu'Akiba résidait à Béné Bérak avec ses nombreux disciples. Éléazar ben Harach resta à Emmaûs où il espérait, mais en vain, par l'influence de son savoir et l'estime dont il avait joui auprès de

Yochanan, attirer la majorité des docteurs ^ Éliézer ben Horkanos enseigna à Lydda ; Yéhoschoua ben Hananiah, àBékiim, dans la plaine qui s'étend entre Lydia et Yabné ^. — Néanmoins les uns et les autres se rendaient régulièrement aux séances de rAcadémie et du Synhédrin dont ils étaient les membres lôs plus influents.

Gamaliel suppléait à Tinsuffisanee de sa situation personnelle par une énergie de volonté qui domptait la faiblesse naturellement maladive de sa constitution physique. 11 fut, dans la plus complète acception du mot, un homme d'autorité, imposant et faisant respecter, sans réserve, le pouvoir dont il était investi, exigeant Tobéissance et employant, au besoin, la force pour soumettre toutes les résistances qu'il pouvait rencontrer.

Néanmoins ce n'était pas un homme de médiocre valeur. S'il n'avait pas les qualités supérieures de son prédécesseur, il était loin cependant d'être indigne du rang qu'il occupait. On rapporte même qu'il possédait des connaissances spéciales, qui^ pour cette époque,

1. Cesi sur les conseils de sa femme qu'Éléazar conçut cette espérance, se croyant indispensable à ses collègues. On appliqua à sa prétention la maxime traditionnelle : « Va vers le lieu de Tinstruc- 9 tion et ne Timagine pas que tes contemporains ne peuTent s*ins- 9 truire que par ton entremise. » (AMraseh^ KoheUht. Talmud, Sehabbalh 147.) Ëléazar fut en effet délaissé et il en éprouTa un tel ennui que les facultés de son intelligence en furent, dit-on, gravement atteintes.

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