Talmud, Foma, 19, b
3. Voir sur cette cérémonie symbolique, Nombres, ch. xix. Ceux qui étaient souillés par une cause quelconque, devenaient purs au moyen d'aspersions faites sur eux avec cette eau lustrale. (/62c{. 17 et s.) — Sur la controverse des Pharisiens et du sacerdoce à ce sujet voir le traité Parah. m, 7.
4. La discussion sur cette question prit surtout un caractère grave
Ceux qui ont constaté ces dissentiments rituéliques entre les Pharisiens et leurs adversaires, se sont étonnés de voir de telles minuties élevées à la hauteur de grandes discussions religieuses, fort disposés à partager, à l'égard du parti des docteurs, les sentiments ironiques des Sadducééns. Leur surprise vient de ce qu'ils ont envisagé ces questions minimes en elles-mêmes, sans les rattacher à la situation générale qui les explique. Or, par rapport à l'époque où ces débats, si futiles en apparence, se sont produits, ils avaient au contraire une gravité exceptionnelle. Le peuple, grâce à ces critiques de détail qui portaient sur les moindres choses, s'habituait à voir dans la famille d'Aaron une réunion d'hommes Sndignes de s'approcher du sanctuaire, n'ayant ni la pureté ni la moralité requises pour le service de la maison de Dieu, manquant, dans la vie religieuse, à tous les devoirs de leur ministère, comme ils manquaient, dans la vie publique, à tous les devoirs du patriotisme, et, dans lavie privée, à tous les devoirs de rhonnêteté,
La division, en ce qui concernait le culte officiel, n'était pas moins profonde. Elle avait surtout pour objet certaines innovations et certaines coutumes po-
à l'occasion de lafixation de la fête des semaines, (Pentecôte). — (Voir Talmud, MenacHoth, 6S, a. —Méguillath Taanithi^^.) — A l'époque d'Hillel, sous Hérode, ce fut l'occasion d'une grande défaite du Saddacéisme. .
pulaires auxquelles la foule tenait beaucoup et que les Pharisiens préconisaient, tandis que le parti pontifical y faisait résistance. Telles étaient les libations d'eau sur l'autel et la procession publique, avec des palmes et des branches de saule, à la fête, des Tabernacles *. C'étaient deux cérémonies simples et émouvantes dont la première était un symbole de pureté bien plus expressif que l'effusion du sang, et dont la seconde associait le peuple entier, dans le temple même, au service divin. On reconnaît bien là l'esprit du Pharisaïsme, toujours attentif à spiritualiser le culte en l'épurant, et à y rattacher les masses par de belles et pieuses solennités. Aussi la foule s'indignaitelle de l'opposition des prêtres et des Sadducéens. Ses sentiments, à ce sujet, arrivèrent, sous un des princes hasmonéens ^, à un tel degré d'exaspération, qu'ils se traduisirent par une émeute et furent le point de départ d'une horrible persécution et d'une longue guerre civile.
D'autres difficultés ne tendaient a rien moins qu'à • incriminer la probité même des familles sacerdotales. En voici, entre autres, un exemple.
Pendant les temps agités de la guerre étrangère et de l'anarchie intérieure, les dîmes n'avaient pu se percevoir que très-irrégulièrement. Spécialement la