JosÈPHE, ibid., ch. X
d'une ancienne famille royale d'Assyrie *. Le fait est peuprobablecar on se souvient que, pour être admissible aux fonctions synhédriales, il fallait être issu de ^familles juives inscrites sur les tables généalogiques. Ce qui paraît plus démontré, c'est qu'ils avaient longtemps habité Alexandrie à Tépoque où Simon ben Schétach y était réfugié et qu'ils avaient suivi ses leçons et celles de Juda ben Tabbaï. C'est pour cela, peutêtre, qu'ils étaient considérés à Jérusalem plutôt comme des étrangers que comme des indigènes. Ce nom d'étrangers leur fut même appliqué dans une circonstance assez caractéristique pour être rapportée ici. Le fait eut lieu quelque temps après le moment où nous sommes arrivés dans cette histoire, pendant le pouvoir éphémère qu'AnlJgone^ fils d'Aristobule, soulevé à son tour contre Hyrcan, posséda en Judée, ainsi qu'il sera expliqué plus loin.
Le prince pontife, ayant rempli, à la fête dii grand jour d'expiation, les fonctions sacerdotales, sortait du sanctuaire, entouré, suivant l'usage, de la foule qui le félicitait et lui faisait escorte jusqu'à sa demeure. Mais; Schémaïa et Abtalion s'étant trouvés sur le passage du cortège, le peuple abandonna le roi .pour suivre les deux savants et leur donner ainsi un éclatant témoignage de respect. Cette (conduite froissa naturellement Antigène. Aussi, les deux
. Talmud, Yoma^ 71, b.
docteurs s'étant approchés de lui pour le, complimenter à leur tour^ il les reçut avec une froideur marquée et leur répondit dédaigneusement : « Que les étrangers )) vivent en paix ! » — « Les étrangers, répliquèrent-ils, » marchent en paix parce qu'ils accomplissent des » oeuvres pacifiques et salutaires ; mais un fils d'Aaron )) ne fait pas de même et ne suit pas les traces de ses )) aïeux ^ )) Cet incident donne une idée de la considération dont jouissaient les deux chefs du Pharisaïsme de cette époque.
Leurs contemporains les ont surnommés « les » grands hommes du siècle » Guédolé-ha-dor '^ , L'autorité de leurs doctrines était si grande que, dans la suite, il suffisait d'établir qu'une opinion s'appuyait sur leur sentiment, pour qu'elle fût adoptée sans conteste '. En dehors de leurs fonctions publiques, ils réunissaient antour d'eux un cercle de disciples où ils enseignaient régulièrement, donnant une vive impulsion aux idées pharisiennes. Parmi leurs auditeurs se trouvait le célèbre Hillel qui occupa, après eux, une place si brillante .dans l'histoire des docteurs du second temple. — Ce sont les seuls fonctionnaires pharisiens que Josèphe ait spécialement cités, à cause de la conduite énergique qu'ils tinrent à l'égard d'Hérode.