Ibid
Il les nomme Samaeas et Pollion; mais l'analogie des noms est manifeste ^.
Cependant la guerre continuait en Judée.
Aristobule était parvenu à s'évader de Rome. Groupant autour de lui un certain nombre de ses partisans, il ne craignit pas de défier de nouveau les armées romaines. Mais battu près deMachéron et fait prisonnier, il fut envoyé une seconde fois en Italie avec son fils Antigone. Son autre ,fils Alexandre, profitant d'une expédition de Gabinius en Egypte, où Hyrcan et Antipater avaient joint les forces juives à celles du général romain, souleva la Syrie. Gabinius lui, livra bataille près de Mont-Tbabor, et le défit complètement *. Ce fut le dernier exploit de Gabinius en Judée. Grassus lui succéda dans le gouvernement de la Syrie.
Avec celui-ci, les Juifs connurent, à leur tour, ces avides procurateurs romains qui dépouillaient les provinces remises à leur garde et, comme la sangsue d'Horace, ne quittaient la place qu'après s'être gorgés de ses richeBses^nonmissura cutem nisiplena cruoris.
d. Aniiq., liv. XIV, ch.xvii, — liv. XV, ch. i. 2. Guerre des Juifs, liv, I, ch. vi.
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hirudo. Pompée, en s'emparant du temple, en avait du moins respecté le trésor ^. Crassus le pilla sans retenue. Il y prit dix miUe talents et une poutre d'or massif qu'un des prêtres, nommé Eléazar, lui livra afin de sauver les autres objets précieux renfermés* dans le lieu saint ^.
Toutefois l'autorité des Romains resta alors un simple protectorat. C'était, il est vrai, un protectorat onéreux, pire peut-être qu'une domination réelle, mais le gouvernement juif conserva, sous cette gênante tutelle, son indépendance nominale et sa souveraineté de droit. Hyrcan et Antipater continuèrent à administrer avec l'appui de leurs puissants alliés de Rome et à combattre, avec eux, les fils d'Aristobule et les partis hostiles.
Plusieurs historiens ^ pensent, non sans raison, que l'influence des Juifs de Rome ne fut pas étrangère à la politique du gouvernement romain en Judée. La colonie juive dans la capitale de l'Italie était composée de gens très-pieux et très-fidèles observateurs de la loi*. Ils se rattachaient généralement au Pharisaïsme , à l'inspiration duquel ils devaient l'organisation nouvelle de leurs synagogues et de leurs communautés.
^l. JosÈPHE, Guerre des Juifs,\ir. I, ch. v.— ,CicÉRbN,pro Flacco, 28. - 2. JosÈPHE, ilwfîg.,liv. XIV ch. XII.
S. GnMTz, Geschichte der JudeHyt. lll, 1^. Ii2.
4. On les nommait même <ptXevTo>vt3i. Renan, 4w^ec/imÉ, p. 8.— St. Paul, p, 404,
Il y a lieu de supposer que, s*ils agirent à Rome, dans les régions officielles, ce fut plutôt'en faveur d'Iiyrcan, soutenu par les Pharisiens, qu'en faveur d'Aristobule, ami des Sadducéens.
-; Mais le vrai prétendant au trône de Judée n'était .i^lus ni Hyrcan ni Aristobule. L'arbitre de la situation était Antipater. L'habile Iduméen avait manœuvré avec tant d'adresse que, devenu indispensable aux Romains, il concentrait, de fait^ en ses mains tout le pouvoir. Hyrcan, esprit faible, paresseux et incapable ^ se laissait mener par lui comme un pupille par son tuteur. Ce dernier héritier des Macchabées j conduit en laisse par Antipater, tantôt dans l'exil^ tantôt à l'autel, tantôt au combat, ressemble tout à fait aux rois fainéants de la race mérovingienne. Antipater est, en revanche, de la trempe des Pépin d'Héristalet des Charles Martel, épiant, comme eux, Toccasion prochaine de déposséder le monarque imbécile et de poser la couronne sur le front d'un Pépin le Bref.
Le puissant Iduméen peut être d'ailleurs comparé à ces vaillants maires du palais autant par ses qualités politiques que par sa valeur militaire. Ses quatre fils, Hérode, Phazaël, Joseph et Phéroras ^,