JosÈPHE, Aniig., liv. XV. ch. xi, 2. IMd
Ces moyens oppressifs ne lui suffisant pas, il jeta un défi plus audacieux encore au sentiment public, en relevant Samarie de ses ruines et en en faisant de nouveau la rivale de Jérusalem. On le vit, tout d'un coup, se prendre d'un grand amour pour cette Ville moitié païenne, moitié juive, qu'Hyrcan I" avait fait raser. Elle fut reconstruite, par ses ordres, avec la magnificence qu'il déployait en toutes ses créations. Il l'agrandit de façon à en faire l'égale des plus grandes cités et y fit bâtir un temple superbe. Puis, pour attester une fois de plus son dévouement aux césars romains, il donna à la nouvelle ville le nom de Sébaste, traduction grecque de celui d'Auguste. Cette soudaine tendresse pour les Samaritains, cachait, il est vrai, des vues stratégiques très-sérieuses. Sébaste, par sa position au sommet' d'une colline, dominait et commandait toute la région environnante. EUe reçut une forte garnison composée principalement de mercenaires *. Mais le peuple ne vit pas dans ce fait l'acte de précaution d'un monarque inquiet qui pourvoyait ainsi à sa sûreté ; il y vit surtout une bravade impie contre le sentiment religieux et une menace contre l'unité du Judaïsme.
Les largesses par lesquelles Hérode chercha à faire oublier sa tyrannie, restèrent également sans influence sur ses sujets. Il fit cependant, au milieu de ses cruautés,