‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 167 sur 500 · ïbïd. :'X · texte numérisé non relu

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d'autres favoris. Ces conditions dégradantes ne pouvaient que faire perdre entièrement aux derniers successeurs d'Aaron le peu d'autorité morale qu'ils conservaient encore parmi le peuple.

Le nouveau pontife, choisi par Hérode, Simon, père de la nouvelle reine, était membre de la famille de ce Boëthos qui fut un des disciples d' Antigène de Soccho, au temps du grand Synode, et l'un des chefs de i'école sadducéenne. — Les Boéthusiens,, qui formaient une section encore obscure du Sadducéisme, en étaient en quelque sorte l'élément scientifique et érudit. Ils prirent, grâce à l'alliance de Simon avec le monarque de Judée, une influence particulière dans

l'État.

Cette influence fut secondée par la faveur dont

jouit alors le parti sadducéen. Hérode avait jugé politique d'appuyer la nouvelle dynastie sur le concours des anciennes familles patriciennes. Cellesci, comme toujours, s'étaient facilement ralliées aune monarchie qui leur promettait le pouvoir, ce qu'elles ambitionnaientpar-dessus tout, sans rechercher jusqu'à quel point elle était ou non légitime. — Ces épicuriens du Judaïsme, qui faisaient des plaisirs mondains le but principal de la vie, avaient d'ailleurs un motif plus personnel encore de se rattacher à Hérode. Ils retrouvaient à sa cour toutes les luxueuses jouissances qui, sous la domination des rois de Syrie, les avaient entraînés vers l'Hellénisme.

En ejffet, soit pour plaire à Auguste et aux Romains, soit pour éblouir les Juifs par ses splendeurs et les séduire par ses libéralités, Hérode ressuscita les spectacles, les jeux païens, les combats de gladiateurs et d*animaux sauvages qui, jadis, avaient provoqué tant d'indignation parmi les hommes pieux. Les Syriens avaient voulu helléniser la Judée ; Hérode s'efforça de la romaniser. Il éleva, près des sources du Jourdain, un temple de marbre blanc, consacré à Auguste. Il fit construire, à Jérusalem, un théâtre et un grand cirque où se donnaient, tous les cinq ans, des fêtes olympiques en l'honneur de l'empereur. Il éleva des palais magnifiques qui furent remplis de tout un peuple de statues. Yers la ville sainte, devenue l'émule de Rome, affluaient les musiëiens, les coureurs de chars, les héros d'hippodrome, les lutteurs,, les gladiateurs., les vendeurs^et les dompteurs d'animaux sauvages, en un mot tous les circenses dont les peuples païens étaient, fanatiques.

Il n'en était pas de même des Juifs. Ils n'avaient pas résisté si vaillamment à la corruption grecque, pour subir patiemment la corruption des mœurs romaines. La foule et les Pharisiens considéraient ces importations profanes comme une abomination, et Josèphe nous a retracé les sentiments de colère qu'elles excitaient parmi eux. « C'était un renversement des cou- » tûmes austères du Judaïsme, une profanation de la » foi paternelle. Rien ne leur paraissait plus impie

» que d'exposer, par un plaisir cruel, des hommes à » la fureur des bêtes féroces et de vouloir plier la » sainte communauté d'Israël aux usagés pervers des » nations idolâtres *. >/ Hérode n'était plus regardé que comme un sacrilège dont il fallait délivrer la

Judée,

Dans de telles dispositions, les complots régicides devaient être fréquents. Dix des plus résolus parmi les ennemis d'Hérode, se rendirent au théâtre, cachant des poignards sous leurs manteaux pour les plonger dans le sein du tyran, corrupteur d'Israël. La conspiration ayant été révélée au roi, les conjurés furent arrêtés et périrent au milieu de tourments qu'ils supportèrent avec une constance héroïque. Leur supplice ne fit qu'exaspérer les esprits. La colère du peuple contre leur délateur fut si grande, qu'exerçant envers lui une justice sommaire, la foule le tua sur la place publique, le mit en pièces et en jeta les lambeaux à des chiens^. Cet acte de vengeance populaire provoqua de nouvelles rigueurs de la part d'Hérode. Pour comprimer le mouvement de révolte qui menaçait partout d'éclater, il couvrit le pays d'un vaste réseau de forteresses qui, remplies de soldats dévoués et se reliant l'une à l'autre, étaient de nature à maintenir la Judée entière sous un joug de fer.

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