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leur caractère. Le premier était le type de la douceur, de la patience *, de l'urbanité, de la tolérance la plus libérale, Le second, au contraire, d'une nature violente et peu sympathique, emporté dans ses paroles, entier dans ses opinions, poussait Ja sévérité jusqu'à la rudesse et la conviction jusqu'au fanatisme. La patience proverbiale d'Hillel fut souvent mise à une pénible épreuve par les vivacités de son irascible collègue; mais, dans ce cas, il aimait mieux céder que d'en arriver à uiie dispute ouverte ^, tandis que Schammaï,impérieux et entêté, ne se laissait convaincre par aucun argument ^. Néanmoins, malgré cette opposition de caractère, les deux docteurs vécurent toujours dans des rapports amicaux. Hillel rendait d'ailleurs justice aux qualités de Schammaï chez qui le fond valait beaucoup mieux que la forme *.
Hillel était, au plus haut degré, un homme de paix, attentif à calmer les passions ; Schammaï était un homme de guerre, ardent à surexciter les esprits. Au milieu des agitations politiques, Hillel et son école restèrent toujours parmi les pacifiques, conseillant la
1. On cite comme preuve dé la patience inaltérable d'Hillel un épisode caractéristique. Un jeune homme avait parié de le faire sortir de sa mansuétude habituelle ; mais il employa toutes les provocations et tous les stratagèmes imaginables, sans y parvenir. (Talmud, Schabbath.)