‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 180 sur 500 · Talmud, Schabbcith et Yébamoih, loc. cit · texte numérisé non relu

Talmud, Schabbcith et Yébamoih, loc. cit

modération aux partis exaltés ; Schammaï et ses disciples prêchaient, au contraire, la révolte. Ils furent l'âme du parti des Zélateurs qui ne tarda pas à surgir du sein du mouvement démocratique et provoqua l'insurrection impolitique et fatale où s'anéantit la nationalité juive. .

Les opinions doctrinales d'Hillel et de Schammaï répondaient à la nature diverse de leur caractère. Hillel professait la morale la plus douce, la plus humaine, la plus indulgente qui se puisse imaginer. 11 cherchait dans la loi ce qui la fait aimer plutôt que ce qui la fait craindre. Il s'efTorçait de la rendre accessible pour toutes les intelligences et pour toutes les situations, tandis que son collègue, inflexible sur l'application des dispositions légales, ressuscitait presque, dans la pratiqua de la loi orale, le système étroit, sévère et absolu qui avait caractérisé le Sadducéisme dans la pratique dé la loi écrite.

L'épisode, si connu, du païen qui, voulant se convertir au Judaïsme, alla consulter successivement les deux célèbres docteurs, peint trop bien cette double tendance pour ne pas être rappelé.

Ce prosélyte demandait surtout à être convaincu de la supériorité de la loi juive par .des idées simples et justes. Schammaï, nourri de la pensée que tous les commandements doivent être rigoureusement accomplis, découragea son interlocuteur en exposant à ses 3^eux un luxe inouï de préceptes, de pratiques et de

formalités, comme étant seules capables d^'éleverrisraélite à l'état de pureté lévitique qui était l'idéal de la loi orale. Le païen hésitait beaucoup, lorsqu'il (But ridée de se rendre auprès d'Hillel qui dissipa tous ses doutes par cette grande parole où son esprit se révèle dans toute son élévation : « Tu veux connaître » notre/loi, lui dit-il ; eh bien ! ne fais pas à autrui ce » que tu ne veux pas qu'on te fasse à toi-même. » .C'est là l'essence du Judaïsme; le reste n'en est )) que le commentaire S) .

La tradition a aussi gardé le souvenir d'un débat entre les deux docteurs touchant la supériorité du ciel sur la terre ou de la terre sur le ciel. Schammaï, animé d'une piété qui confinait à l'ascétisme, prétendait que l'homme devait songer surtout à Dieu et au monde à venir, et, dès lors, sacrifier la vie terrestre à la vie céleste. Hillel, non moins pieux mais plus pratique, donnait la prédominance à la vie terrestre, c'està-dire aux vertus sociales et morales sur l'ascétisme et le renoncement ^. Le premier eût été assez disposé à dire que le royaume de Dieu n'est pas de ce monde ; le second professait que l'homme est fait pour la vie

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