lMd.,MY. XVIÏ, ch.xv
santé du sentiment public. Un incident fit éclatQr rinsurrection.
Sabinus^ intendant d'Auguste en Syrie, avait été chargé, après lamort d'Hérode, de s'assurer des trésors laissés par ce prince. Yarus, gouverneur de Syrie, prévoyant les conflits que pouvait soulever une telle mission, engagea Sabiïius à rajourner. Celui-ci ne tint aucun compte de ce sage conseil. Il se hâta de se rendre à Jérusalem et s'y logea dans le palais royal. Là, il réclama la remise des biens d'Hérode, ainsi quecelle des forteresses, appuyé d'ailleurs par une légion. Il rencontra une résistance qu'il crut pouvoir vaincre par des moyens violents. C'en fut assez. Le mot d'ordre de la rébellion courut rapidement en Judée. La fête des Semaines (Pentecôte), qui arriva alors, vit affluer à Jérusalem une multitude innombrable animée de dispositions qui ii'étaient rien moins que pacifiques. Cette foule s'organisa, silencieusement, en trois corps, l'un Jau nord, le second au midi, le troisième à l'ouest, enfermantles Romains de tous côtés. Sabinus, nepouvant se tromper surleursintentions hostiles, prit Tinitiative de l'attaque. La légion qui l'accompagnait, après un combat acharné, mit le feu aux portiques du temple, en massacra les défenseurs et pilla le trésor sacré. Les Juifs indignés reprirent alors l'offensive et forcèrent les troupes romaines à se réfugier dans le palais royal où ils les assiégèrent. Par une tradition fatale qui a toujours associé l' aristocratie juive aux I. ■ .28
ennemis de la Judée, Sabinus avait avec lui -les principales familles patriciennes et trois mille Hommes de l'ancienne armée d'Héf ode ^ ; mais il aurait succombé malgré ces auxiliaires, si Yarus, à la nouvelle du soulèvement, n'était accouru à son secours avec des forces imposantes. La sédition fat étouffée dans dès flots de sang. Deux mille prisonniers furent crucifiés. Le reste fut dispersé et s'enfuit ^.
Alors, de la capitale, la révolte se répandit dans le
• pays. Des bandes d'insurgés se ^formèrent de toutes
parts, courant la campagne, attaquant audacieuse-
mentles soldats romains partout où on les rencontrait.
Le souffle de la guerre de l'indépendance était dans
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Josèpbe appelle, de nouveau, tous ces guérilleros « des chefs de voleurs remplissant la Judée de brigandages ^ » Il est probable en effet qu'aux champions de la liberté se joignaient, comme dans tous les soulèvements de tribus, des mécréants et dés bandits; mais il serait souverainement injuste 4e ne voir que ce mauvais côté de l'insurrection. Le peuple était exaspéré contre ses dominateurs et contre ses rois,