‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 193 sur 500 · JosÈPHE, Guerre des Juifs, liv. ÏI, ch. vi · texte numérisé non relu

JosÈPHE, Guerre des Juifs, liv. ÏI, ch. vi

et quand on se rappelle tous les faits d'oppression,; dé tyrannie et de cruauté que nous avons vus se dérouler sous nos yeux, il est difficile de lui donner tort. L'exemple des Macchabées, eux aussi guérilleros intrépides, qui avaient délivré leur patrie avec une poignée de braves, enflammait les courages et provoquait les plus téméraires entreprisses. Du reste, parmi les prétendus chefs de brigands qui se ïlirènt alors à la tête des insurrections locales ; à côté de Judas, fils de cet Ézékias qu'Iïérode avait mis arbitrairement à mort lorsqu'il était encore gouverneur de Galilée; à côté du berger Atronge, qui, avec ses quatre frères, suivis chacun d'une troupe déterminée, remporta plusieurs avantages sur les Romains, Josèphe avoue qu'il y avait d'autres chefs beaucoup plus sérieux. 11 parle notamment d'une petite armée régulière composée de deux mille des meilleurs soldats d'Hérode, et d'une autre troupe bien organisée, sous les ordres d'un certain Simon qui avait occupé des fonctions importantes sous le roi défunt'.

Les passions du moment ont bien pu transformer alors, aux yeux des Romains et de leurs amis, tous ces chefs audacieux en bandits de la pire espèce; mais l'histoire, plus juste, voit plutôt en eux des fanatiques, des exaltés, que le patriotisme entraînait, què^

4 . JostPHE,liv.II,chap . vi . — Ce Simon s'empara de Jéricho et il fallut, pour le réduire,que Gràtus, aidé des meilleures troupes de Samàrie, , lui livrât une bataille décisive.

passionnait la haine de l'étranger, qjie l'esprit départi poussait à des folies impolitiques. Ils sont des brigands parce qu'ils ont échoué : ils seraient des héros s'ils avaient pu réussir comme les vaillants Hasmonéens leurs précurseurs .

Ces troubles, ajoutés aux compétitions et aux intrigues des prétendants au trône de Judée, fatiguaient et irritaient les Romains. Après la déchéance d'Archélaus, sous prétexte qu'Agrippa, qui devait lui succéder, était trop jeune pour régner, Auguste réduisit la Judée et Samarie en provinces de l'empire et en donna le gouvernement à Goponius, sous l'autorité de Quirinus, gouverneur de Syrie. Quant à Philippe et à Hérode Antipas, ils 'conservèrent, comme auparavant, leurs tétrarchies \

Mais le mouvement insurrectionnel était lancé. Un dénombrement effectué alors par l'ordre de Quirinus pour l'établissement du cens, où le peuple crut voir l'arrière-pensée de confisquer toutes les propriétés, fut l'occasion de nouveaux troubles qu'il fallut comprimer parla force "'.

Les instigataurs de cette nouvelle levée de boucliers

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