‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 212 sur 500 · Josèphe, Contre Appion, 1, ch. xxni · texte numérisé non relu

Josèphe, Contre Appion, 1, ch. xxni

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6. Il reste des fraginénts très-étendus de cette tragédie, cités par Démétrius de Phalère dans le faux Polyhistor, et conservés par Eusèbe (Prœpar. Evang., liv. IX, ch. xxviii, xxvii, etc.). Ézéchiel paraît avoir vécu sous Évergètes et Philopator.

n'était pas le Phocylide de Milet, à qui on l'a d'abord attribué faussement *, mais bien un Juif alexandrin, homonyme peut-être du poète grec, est une remarquable synthèse des maximes les plus élevées de la morale juive, exprimées dans un langage digne des^^rands poètes de la Grèce antique.

Ce rapide aperçu peut donner une idée de l'activité intellectuelle qui régnait à l'école juive d'Alexandrie; mais elle ne se borna pas à des œuvres originales; elle eut l'audace de glisser ses propres élucubrations dans les écrits des plus illustres auteurs de l'antiquité. Par une fraude, dont la critique moderne a depuis longtemps fait justice, elle attribua à des écrivains éminents des opinions de nature à servir d'appui au prosélytisme juif.

C'est ainsi que de nombreuses interpolations altérèrent, dans l'intérêt du Judaïsme, les livres si estimés alors de Mercure Trismégiste % notamment le Pœmander, qui traite de la création, et YAsdépiuSy où. Hermès et Esculape discutent sur la nature de Dieu et de l'homme. C'est ainsi qu'une main inconnue falsifia, dans les écrits attribués àPythagore, ces Fers

1. EusÈBE, iUd.., et Stjidas, au mot Phocylide. — Le poëte ioniea était contemporain de Tliéognis et vivait vers l'an 535 av. J.-G.

2. Mercure Trismégiste, que certains récits font contemporain de Moïse, aurait écrit, d'après Yamblique, plus de 36,000 volumes. Clément d'Alexandrie, réduisant cette exagération, se contente de lui en attribuer une quarantaine, ce qui est encore très-respectable (Strom. VI). —Voir Egger, Diction, des Scien. Philo, au mot Philosophie hermétique.

dorés ou Y esi^fii de la Bible inspire trop visiblement le philosophe païeQ, pour ne pas être l'œuvre d'un pieux faussaire. C'est ainsi que l'on chercha à faire passer comme émanant d'Orphée, deLinus, d'Homère, d'Hésiode, d'Eschyle, de Sophocle, d'Euripide, de Ménandre, de Diphile et de Philémon, des poésies et des vers, plus ou moins habilement encadrés dans leurs écrits originaux, et où éclatent les vérités morales et religieuses dont le Judaïsme conservait le dépôt*. Ces altérations systématiques et intéressées sont un des caractères les plus curieux de l'école juive d'Alexandrie. Emportée par l'ardeur du prosélytisme, elle entreprit de prouver que les sages du paganisme avaient d'avance rendu un solennel hommage aux grands principes du Sinaï. Pour étayer cette prétention, elle commit, sous le nom des grands écrivains païens, des faux aussi nombreux que hardis, que la science de leur temps était impuissante à découvrir. Par ce moyen, les philosophes, les poètes, les historiens les plus renommés semblaient être autant d'apôtres de la vérité révélée à Moïse. On faisait d'eux, au sein des nations, les témoins et les précurseurs du Judaïsme, système commode autant que déloyal, dont les Pères de l'Église n'ont pas hésité, à leur tour, à se servir pour la démonstration du Christianisme ^

1. Voir Essai historique et critique sur l'école juive d'Alexandrie, par l'abbé Joseph Biet, 1854. — ire partie, ch. II.

2. EusÈBE, Hist. Ecoles, et Prsepar. Evange. —- Clément d'Alexandrie, Strom. — HiERONYMcs, de Script, illus.

L'œuvre capitale de la propagande des Juifs alexandrins fut la création des prophéties sibyllines.

Les fameux livres sibyllins que Tarquin avait si singulièrement acquis d'une prophétesse mystérieuse ', et que les Romains conservaient avec tant de vénération dans le Gapitole^ avaient péri ]ors de l'incendie de ce monument sous le consulat de Scipion et de Norbanus. Pour les remplacer, le Sénat envoya à Erythrée^ 'ViUe d'Asie, des ambassadeurs chargés de recueillir, soit dans les documents locaux, soit dans les souvenirs personnels, tous les vers sibyllins qu'on pourrait retrouver ^. L'occasion était trop favorable pour ne pas exciter le zèle des Juifs alexandrins. Ils firent si bien, alors et ensuite, qu'ils parvinrent à introduire dans les chants prophétiques de l'antique sibylle tout ce qui pouvait seconder leurs vues religieuses. Le troisième livre des oracles attribués à la Sibylle ^ est si explicitement favorable à Israël, c'est

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