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CHAPITRE DEUXIÈME

l'école juive d'alexandrie

Les Juifs égyptiens , usant largement de la liberté religieuse dont ils jouissaient depuis Alexandre, faisaient autour d'eux une propagande très-active. A cette époque, ils écrivaient beaucoup, et ce qui nous reste de leurs œuvres prouve la part très-considérable qu'ils ont eue dans le mouvement général des idées de leur temps. Leurs écrits eurent invariablement pour but la défense, l'apologie et la vulgarisation du Judaïsme. C'est de leurs livres saints, de leur foi séculaire, de leurs principes religieux, de l'avenir du monothéisme, que s'occupent, sans exception, leurs historiens, leurs poètes et leurs philosophes. Aucun d'eux n'a traité de sujet profane.

Aristobule, qui fut gouverneur d'un des Lagides ; Aristéas^ à qui on a attribué une histoire plus ou moins véridique de la traduction grecque des Septante, et qui aurait écrit vers la fin du règne de Ptolémée Philométor ; Démétrius de Phalère,

contemporain de Ptolémée Philopator *; les écrivains qui ont pris le nom d'Alexandre Polyhistor, d'Hécatée d'Abdère, de Cléodème et d'Artapan ^; Eupolème, qui vivait probablement sous Ptolémée Évergeties ^ etc., n'ont eu, tous, d'autre but que de faire connaître les lois et l'histoire du peuple de Dieu, en démontrant la supériorité des croyances juives sur toutes les religions et sur toutes les philosophies. En même temps, un poëte que Josèphe désigne sous le nom de Philon l'Ancien *, composait un poëme sur Jérusalem, dont Eusèbe a reproduit plusieurs passages ^. Un certain Ézéchiel écrivait une tragédie sur la sortie d'Egypte, peut-être même la faisait-il représenter publiquement, pour mettre en scène, sous les yeux des Égyptiens, le récit de l'Exode et le désastre dont avaient été frappés autrefois leurs ancêtres pour avoir résisté au Dieu d'Israël ^ Le Carmen nouthéticon, publié^ sous le nom de Phocylide, qui certainement

1. Clément d'Alexandrie, Strom. ï. i—Evsè^B, Hist.Ecdésiast., liv. Vr, cil. xiii. — HiERONYMus, De script, ill, ch. xxxviii.

2. Alexandre PolyMstor, qui n'est à coup sûr lui-même qu'un pseudonyme, a conservé de nombreux fragments de ces trois derniers historiens que les premiers pères de l'Église ont aussi longuement cités. (V. surtout Clément d'Alexandrie et Eusèbe.)

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