‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 268 sur 500 · Luc, ch. xvu, 20 et suiv · texte numérisé non relu

Luc, ch. xvu, 20 et suiv

2. De die autemilla et horanemo soit, neque angeli cœlorum, nisi solus pater (Matthieu, xxiv, 36).

3. Nonpraeteribit generatio hœc, donec omniahsec fiant {ibid., 34).

» sera le commencement des douleurs messianiques, )) initia dolorum K »

Cependant le messianisme de Jésus s'écartait des données de la tradition sur un point important. — Tandis que le Pharisaïsme, d'accord avec les idées des prophètes, ne cessait d'affirmer que l'époque messianique donnerait au monde une ère de paix et d'harmonie universelle, Jésus disait au contraire à ses disciples : « Ne croyez pas que je sois venu porter lapaix à la terre; je n'y apporte pas la paix, mais le glaive ^.)) Et, tandis que la parabole pharisienne, décrivant le règne de Dieu, promettait aux pécheurs le pardon et le salut, l'apocalypse chrétienne les menaçait, au contraire, de la damnation éternelle ^

Mais, sauf ces divergences, qui sont de dogmatisme ahstrait plutôt que d'intérêt pratique, Jésus et ses disciples se sont très-nettement posés sur le terrain pharisien pour tout ce qui pouvait étabhr la vérité du messianisme chrétien ; ils ont accepté toutes les idées qui, à cet égard, avaient cours parmi le peuple et les ont appliquées scrupuleusement aux paroles, aux actes et à l'enseignement tout entier du Messie dont

ils furent les apôtres.

1. Matthieu, xxiv et ixv. —On remarquera surtout cette expression caractéristique « les douleurs », qui reproduit le mot même de la légende pharisienne.

2. Nolite arbilrari quia pacem venerim mittére in terram; non veni pacem mittere sed gladium (Matthieu, ch. x, 34 et 35).

3. Ibunt in supplicium seternum, justi autem in vitam {eternam (Matthieu, ch. xxvi, 46).

Ils ne parvinrent cependant à convaincre en Judée ni les masses ni les esprits d'élite. Nous avons exposé ailleurs les raisons très-sérieuses de Tincrédulité des Juifs \ Cependant, s'il ne s'était agi que de savoir si Jésus était ou non le Messiis attendu, la lutte entre les apôtres du Christ et les pères de la Synagogue n'aurait pas eu, sans doute, le caractère de violente' hostilité qu'elle prit bientôt. La croyance, plus ou moins justifiée, à un messie ne constituait pas, aux yeux des Pharisiens, une question de doctrine ou de dogme, de nature à créer un schisme radical. C'était un point de fait que chacun était libre d'envisager à sa manière sans qu'il en résultât une atteinte fondamentale aux principes du Judaïsme. On en a vu plus tard une preuve bien autrement décisive. Akiba, le plus grand nom du Pharisaïsme après celui d'Hillelj a affirmé, lui aussi, l'avènement du Messie dans la personne de Bar Kochebah. Il s'est dévoué pour sa cause ; il a subi le martyre pour attester sa conviction. Il a fait plus ; il a provoqué, pour faire triompher le prétendu héritier de David, une formidable insurrection qui a répandu des flots de sang. Les docteurs pharisiens l'ont blâmé et se sont hautement prononcés contre le pseudo-messie ; néanmoins, Akiba est resté, à leurs yeux et dans l'histoire du Judaïsme, un des maîtres les plus respectés et les plus illustres de son

i. Voir notre ouvrage des Déicides, coasacré tout entier à cette démonstration.

siècle. Il en eùtété de même pour les disciples de Jésus.

Mais il s'agit, au bout de très-peu de temps, de la divinité de ce dernier et non plus de son messianisme. Alors, les gardiens de l'Unité de Dieu résistèrent énergiquement.

Toutefois le conflit ne s'engagea pas à l'origine. Ces prétentions à la majesté divine, peut-être même au titre de Messie, furent moins explicites, pendant la vie du prophète de Galilée, qu'on ne le croit généralement. L'Évangile lui-même témoigne qu'il se révéla plus exclusivement à ses apôtres qu'à la foule qui l'entourait. Mais, quelle qu'ait été son attitude, il est manifeste qu'il adopta, sur le caractère et les conditions du messianisme, toutes les idées traditionnelles, et qu'il ne s'éloigna pas plus de l'enseignement pharisien sur ce point capital que sur les autres.

L'analogie des deux doctrines est également complète sur le dogme essentiel du Pharisaïsme, la résurrection et le moude futur. En affirmant cette croyance, les docteurs du second temple avaient introduit dans le Judaïsme une innovation considérable dont il était difficile de trouver le germe dans la loi écrite et qui avait été leur arme la plus puissante contre le Sadducéisme. Jésus partagea hautement leur foi à cet égard et combattit, aussi vivement qu'ils l'avaient fait eux-mêmes, le scepticisme sadducéen ^ L'es-

l. Matthieu, ch. xxii, 23 et suiv. — Les réponses que Jésus fait aux

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péf aiicô ' eiï la; ' résurréctioïï^ - poui'^ l'affirmation et la démoilèiTàtioïi de laquelle^ il siBiiiblérait presque, à biëii àjyprécier le récit évangélîcjuè que Jésus ait voulu: mourir,- certain de révivrélis troisième joury est devenu le dogme de l'Église chrétienne comme il éfàtt ëî est encore celui de la SyriagogUe phàrisienne.

■ Le Giiristiànismé' naîssàrit apparaît donc, dans la doctriiiié' de sdiïforiclatëUi^, comme un rhélange d'EssériisiUe et de Pharisaïsme/ plus ^ près cependant de Tidéàlisniè ascétique du premier qUé de l'esprit pratiqué dUisëcOndj ïïiàis ne se séparant cependant ni de l'un iïi de ràutrë etmettant son ôrigina:lité à les combiner en une magnifique synthèse morale, sociale et religieùseVqui renfermait tout ce qu'ils avaient de plus pur, de plus généreux et de plus sublime.

Aussi, quand pli examine impartialement le, récit évangélique, on reconnaît qu'en réalité, Jésus eut avec les Pharisiens des rapports moins ho stUes que ne le font siipposér, au premier aspect, queiquès incidents orageux et quelques paroles irritées.

Sadducéens qui hiaient la résurrection, s'appuient sur les mêmes arguments qù'èmpl6;yaierit les Pharisiens en^viers leurs adversaires. Nous le constaterons plus loin. (Voir la partie intitulée, les DOCiRmEs

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