‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 324 sur 500 · Talmud, Pessiachim, 33, b · texte numérisé non relu

Talmud, Pessiachim, 33, b

iSi LES PHARISIENS.

» le Misdrasch, la Halachah et la Agadah ^, » c'est-àdire tous les éléments de la loi orale.

Les travaux du célèbre docteur ont passé à la postérité sous le nom de « Nouvelle Mischnali » [Mischnah- A'haronah) ou u Mischnah, de R. Akiba » par opposition à la tradition ancienne qu'on désigne sous le nom de « Mischnah primitive, n {Mischnah-Rischonah.) ^

Son système d'exégèse repose sur le même principe qui avait guidé Philon dans l'étude philosophique des livres saints. Pour Akiba, comme pour le sage d'Alexandrie ^, il n'y a rien, dans le texte biblique, qui soit indiiférent ni superflu. Ce qui, en des écrits profanes, pourrait être considéré comme un pléonasme, un mode de syntaxe, une figure de rhétorique ou une phraséologie banale^ a, au contraire, dans l'Écriture sacrée, une valeur exceptionnelle. Aucun mot ne doit être négligé; tous ont leur sens et leur but. Le législateur, inspiré de Dieu, ne les a . employés que pour indiquer aux sages de tous les temps sa véritable pensée et les guider dans la recherche de la vérité.

Tous ceux qui connaissentle style hébraïque, sire-

1. Sifre sur Ekeb — Jérasal. Schekalim, V, 1. — On verra plus loin que ces diverses expressions se rapportent aux classifications essentielles de la loi orale,

2. Les Pères de l'Église ont constaté eux-mêmes l'importance de r œuvre d' Akiba. « Il y a chez les Juifs, dit Epiphane {Hxreses^ i, » 2, 9,) quatre SèuTrspwaetç; le Deutéronome; celle des Hasmonéens; » celle de R. Akiba; celle de Juda-lia-Nassi, »

3'. Philos, Be profugU.

marquable et si original par le luxe des répétitions, des ornements accessoires et des formules pittoresques ou bizarres dont la riche imagination des écrivains sémitiques entoure le fond de l'idée, peuvent aisément comprendre ce qu'un esprit ingénieux , s'il interprète chaque vocable, est capable d'en faire sortir de déductions nouvelles et imprévues.

Hillel n'avait posé que des règles logiques, au moyen desquelles on pouvait, par le raisonnement et la comparaison des textes, justifier la plupart des innovations de la loi orale; Akiba, suivant la voie ouverte par l'École juive d'Alexandrie, imitant, à son point de vue, la méthode d'Aristobule et de Philon, porta le scalpel dans les mots eux-mêmes. Il les disséqua^ il les fouilla profondément, il les commenta avec une audace inouïe. Seulement, au lieu de les faire servir, comme les philosophes alexandrins, à la démonstration des hautes conceptions de psychologie et de théodicée, il les plia, de gré ou de force, à la justification de toutes les doctrines fondamentales de la réforme pharisienne ^ Par son système, il donna au

1. Citons, par exemple, ce mot de l'Ecriture : « Ta seras heureux » et tu vivras longtemps » (Detjteron. V, 16-30.) Pour Akiba c'est la démonstration de la double rémunération temporelle et éternelle. (Talmud, Kiddouschin,^9.) — « Cette âme sera retranchée,oui,retraE- » chée!» (Nombres, xv, 31.) Cela veut dire elle sera retranchée en ce monde et dans l'autre. (Talmud, Synhedrin, 90.) N'est-il pas singulier de voir l'École pharisienne, sous l'influence d'Akiba,se rattacher ainsi à la méthode de Philou, au moment même où l'École chré-

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Pharisaïsme une base légale plus solide et plus large que ne l'avaient fait Hillel et même Nachum de Guimzou, ses prédécesseurs.

Cette innovation ne triompha pas cependant sans de très-vives résistances. José le Galiléen, Éliézer ben Azariah, Tarphon et surtout Ismaël ben Élissa, en furent les adversaires obstinés. — « Tu auras beau, » disaient les deux premiers à Àkiba, interpréter le » Pentateuque toute la journée, tu ne parviendras pas )) à y rien ajouter ni à rien en retrancher ^ » — u Jus- )) ques à quand, ajoutait Tarphon, nous fatigueras-tu » avec tes combinaisons de textes? C'est réellement » insupportable ^ » — Et, comme un spectateur passionné par la vue d'iine lutte acharnée, il applaudissait, en ces termes empruntés à la vision de Daniel '\ aux coups que José le Galiléen portait à Akiba : « Je » vis le Bélier qui se ruait contre l'Orient, le Nord et » le Midi. Aucun animal ne peut lui résister. — Ce

tienne, sous l'inspiration de cet autre Pharisien qui s'est nommé saint Paul, faisait de la doctrine du philosophe d'Alexandrie la base de la nouvelle religion?

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