CHAPITRE CINQUIÈME
lA REVOLTE DE BAR KOCHEBAH
La Judée était vaincue, mais on la sentait encore frémissante sous le joug= L'esprit de résignation et de paix dont les sages docteurs de Yabné donnaient l'exemplenecontenaitqu'avec peine les passions nationales toujours vivantes dans la masse du peuple. Les derniers zélateurs, échappés au massacre de Fan 70, entretenaient le feu mal éteint de la guerre sainte et prêcliaient tout bas l'insurrection vengeresse. Lajeunes se juive, comme toujours, était gagnée d'avance à l'idée de la revanche. Rome ne pouvait se tromper aux symptômes révélateurs du travail souterrain qui s'accomplissait dans l'ombre ; aussi redoublait-elle de précautions et de sévérité.
Vespasien était mort depuis longtemps. Titus, qui a reçu des Romains le surnom de « vertueux, » tandis qu'il porte dans les annales juives celui de « méchant » {Titous ha-raschâ)^ lui avait succédé et avait lui-même bientôt laissé le trône à son frère Domitien. Sur celui-