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Niddali, 69. b

des assurances favorables. Il paraît même certàm qu'Adrien alla jusqu'à manifester l'intention de rebâtir Jérusalem et le temple *.

Cette espérance fut accueillie par le peuple avec un grand entliousiasme. Elle amena la pacification bien mieux que ne le pouvaient faire les armes de Quiétus. Ce n'était malheureusement de la part d'Adrien qu'un leurre au moyen duquel il terminait diplomatiquement une guerre qui ne pouvait se terminer militairement qu'avec beaucoup de temps et de sacrifices. Les insurgés, d'ailleurs très-affaiblis et découragés par leurs défaites successives, se soumirent et l'on put croire que l'insurrection était finie. Ce n'en était pourtant que le prélude ; la promesse même d'Adrien devait être la cause d'une nouvelle levée de boucliers bien autrement terrible.

Les intérêts du peuple juif étaient alors, dirigés par Yéhoschoua. Gamaliel était mort quelques années après l'avènement d'Adrien. Éléazar ben Azariah luimême avait disparu de la scène publique sans laisser de traces bien nettes de son passage à la tête de l'Académie: ou du Synhédrin de Yabné. Ce qui est certain, c'est qu'on fit à Gamaliel des obsèques magnifiques qui attestent le respect que l'on avait sinon pour sa dignité patriarchale, du moins pour son titre héréditaire de successeur d'Hillel ^. Il laissait un fils,

!.. Gr^tz, t. IV, p. 141 et suiv. et note 14.

2. Moed Katan, 27, a. Tofsita Schabbath, ch. 8. — Il est probable

nommé Simon, beaucoup trop jeune pour être promu au patriarchat. Ce dernier reçut cependant le titre officiel, mais Yéhosclioua fut invéstï de là vice-présidence comme l'ancien Àb-beth-din du SynKédrin, et c'est en cette qualité qu'il put intervenir dans tous les événements de ces temps troublés.

On était probablement alors vers l'année 130 '.La guerre de Quiétus était finie depuis quelque temps déjà. L'Académie des Tanaïtes s'était établie à Ûscha d'où la tradition date un certain nombre de décisions qui ne sont pas sans importance ^ Le peuple s'était calmé attendant, non sans une certaine iimpatience, l'acconiplissement des promesses de l'empereur Adrien.

Celui-ci traînait les choses en longueur et ne paraissait pas pressé de dégager sa parole impériale en donnant satisfaction aux vœux de la population juive. — L'opinion publique commençait à s'irriter de ces temporisations, et Yéhoschoua avait beaucoup de peine à contenir l'agitation populaire. Il le faisait cependant avec son esprit habituel. Un jour notamment, il àpaîsa les esprits excités, par cette fable que notre Lafon-

que Gamaliel, depuis la révolution qui l'avait déposé, avait été rétabli dans ses fonctions de patriarche. Mais tous les faitsïde cette période sont très-confus. ■ "

1. Cette date est un peu hasardée; mais la même confusion qui règne dans les faits de ce temps, règne dans la chronologie.

2., Ces décisions son/t connues sous Iq nom àe TeKaiwth Uscha (Talmud, Kêtouboth, 49-50. — Jénisal. même traité, IV,2, 8, b.)

taine devait imiter à quinze siècles de distance. « Un » lion, dit-il, ayant mangé gloutonnement, un os s'ar- )) rêta à son gosier.. Très-souflrant, il promit une » grosse récompense à. celui qui le lui ôterait. L'opé- » ration fut tentée et menée à Jaien par une grue au » long cou, laquelle demanda ensuite son salaire. » Mais le lion lui répondit ironiquement : Eh quoi! » n'es-tu donc pas ^satisfaite d'avoir pu retirer ta tête » saine et sauve d'entre les dents d'un lion? —Eh )) bien! concluait Yéhoschoua, contentez-vous donc » d'être sortis des mains des Romains et sachez at- » tendre, avec plus de patience, l'exécution de leurs » promesses ^ . »

Ce sage conseil aurait sans doute été^ suivi si Adrien se fût montré enfm sincèrement disposé à faire ce qu'il avait promis; mais,en faisant luire aux yeux des Juifs l'espoir de voir Jérusalem renaître de ses ruines, l'empereur y avait joint une restriction mentale assez conforme d'ailleurs aux vieilles traditions de la diplomatie romaine. On apprit, un beau jour, qu'il avait bien en effet l'intention de rebâtir Jérusalem et d'y construire un nouveau temple, mais la viUe sainte devait, dans ses plans; devenir une ville païennev et lé; iioiiveîul sanctuair au lieu, d'être l'autel de Jéhovah, devait être consacré à Jupiter.

Quand cette résolution fut :;çonnue, un cri d'indignation et de désespoir retentit partout en Judée. Yéhos-

i. Bereschith Rabba, a.

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choua en fut tellement affligé, qu'il ne put survivre à sa déception et à sa douleur. Ce fut une grande perte ■pour le Judaïsme, et la chronique n'exagère pas lorsqu'elle dit qu'avec lui « le bon sens et l'esprit de con- » ciliation avaient péri en Israël *. »

Après sa mort le sentiment public fit explosion avec une force irrésistible. Il est vrai qu'on revenait aiix plus tristes époques de l'ancienne oppression. Ce n'était pas assez d'avoir détruit le sanctuaire de l'Éternel; les maîtres de la Judée voulaient encore le profaner par le culte des idoles. L'étincelle électrique du soulèvement hasmonéen mit de nouveau le feu aux espritsT De toute part on se leva pour la guerre de la foi et de l'indépendance. Ce devait être la dernière ^.

L'insurrection fut formidable. Le courage des révolutionnaires de l'an 70 s'était réveillé plus audacieux, plus implacable que jamais et le fanatisme religieux y donna une impulsion bien autrement puissante encore qu'à l'époque de Néron et de Yespasien. Le chef du mouvement ne se contenta pas^ en effet, du pouvoir de dictateur; il se présenta hardiment comme le Messie

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