‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 368 sur 500 · Nombres, xxiv · texte numérisé non relu

Nombres, xxiv

nombre d'étrangers ennemis des Romains, vinrent, à

leur tour, grossir leurs rangs..

C'est pour exercer plus de prestige sur ses partisans que Bar Koziba s'attribua ou se laissa donner le titre ambitieux de Messie. Les chroniques juives ne rapportent aucun fait merveilleux sur lequel il ait tenté d'appuyer sa prétendue mission. Les récits chrétiens,

au contraire, disent qu'il apparaissait quelquefois, au

moyen de certains artifices, comme un être surnaturel '. Ce qui est certain, c'est qu'il était d'une force colossale, une de ces qualités viriles qui imposent toujours à la foule ^.

L'attente d'une délivrance miraculeuse était si y iye et si générale à cette époque, que le messianisme de Bar Koziba fut accepté par le peuple avec une foi enthousiaste. On salua en lui le Roi-Messie, comme s'il était le fils de David et l'héritier de la promesse divine.

Il prit du reste ce rôle au sérieux et posa, sans scrupule, la couronne sur son front. Les courtes années de son règne sont appelées «la royauté de Bar Koziba. (KSi'îlD "13 nioSa.) Il s'arrogea hardiment tous les droits régaliens et fit battre monnaie comme un souverain

1. On rapporte notamment que,pouvant tenir del'étoupe embrasée dans sa bouche, il semblait parfois vomir des flammes. (Hieronymus, Apologia 11, adversus Rufinum.)

2. On dit, par exeinple, qu'il portait sans peine'' à une grande distance une de ces énormes pierres balistiques que les Romains employaient dans les sièges. (Midrasch, Echa, 2-2.)

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légitime *; Son àririée M fortement organisée. Les troupes étaient commandées par des généraux expérimentés venus de Galilée et de Samarie. Le fait seul qu'elles purèïit, pendant près de trois ans et demi, (de 132'à^ 135), tenir en échec les forces romaines, prouve assez qu'elles unissaient une discipline éprouvée à l'élian du patriotisme.

Mais lé prétendu Messie comprit que son entreprise manquerait toujours de son élément le plus essentiel si elle ne s'appuyait pas sur les sympathies des docteui-s pharisiens. 11 mit tout en œuvre pour conquérir cette précieuse adhésion. La chose était difficile. Lé Pharisaïsiïie, on le sait, avait depuis longtemps francheràeiit renoncé à toute idée de restauration poUtiqûe.Pour lui,la mission d'Israël se réduisait désormais àun but purement religieux; moins que jamais, il voulait exposer auxhasards de nouvelles luttes la cause sa, crée dont il se sentait responsable devant l'avenir. Tout lui démontrait que c'était une folie, héroïque peut-être mais désastreuse à coup sûr, que de tenter de reconstituer l'État juif par la force. Il n'attendait rien que de la miséricorde divine, faisant sa devise de cette belle parole de Zacharie : « Ce n'est ni parles armes, ni par » la force ; c'est par l'esprit de Dieu qu'il faut agir % »

1. Les monnaies frappées alors portent le nom de Maôth Kozbioth, (monnaies de Koziba) ou I^atbeah-Schel-Marad, (monnaies de la Révolution). — De Saulcy, Numismatique juive. — Yoir aussi Tàt-mud, Baba Kama, 97, b. et Jérusal. Maasser Schmi, i.

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