Talmud, Berachoth, 28. a
4. Ce Bar Kappara a composé notamment des satires et des fables d'une réelle valeur. Ce fut un esprit fin et distingué qui a mis une note lyrique dans le concert théologique de son temps. (Voir Gr^etz , t. IV, p. 215.)
s'avança vers le peuple en disant : « Les anges et les » mortels se sont disputé l'arche d'alliance ; mais ce » sont les anges qui ont remporté la victoire. » Tous les assistants comprirent le sens de cette allégorie et la ville retentit de ce cri de douleur ,: u II esf mort » notre saint maître ! »
Son corps fut transporté de Séphoris à Beth-Schéarim. Là il fut inbumé en grande pompe, après avoir été présenté successivement, pendant tout le convoi, dans dix-huit synagogues. A chaque station des docteurs éloquents prononcèrent des oraisons funèbres en son honneur. La tradition a honoré sa mémoire et sa vie par. ces mots expressifs : « Avec Yéhoudah le » Saint, se sont éteintes deux grandes vertus : l'hu- » milité et la crainte de Dieu ' . »
Bien que le code de la loi orale fut achevé, cependant, après la mort de R. Yéhoudah, les études mischnaïques ne furent pas entièrement délaissées. Les auteurs de la Mischnah avaient laissé à l'écart beaucoup de questions et de faits qui ne manquaient d'intérêt ni au point de vue historique ni au point de
I. Voir sur les derniers moments de R. Yéhoudah, sur ses recommandations, sa mort et ses funérailles, les traités du Talmup, /tçioubodi, 103-104, et Htbllim, 54. a. 187, a.
vue légal. Peut-être ne les avaient-ils pas connus ; peut-être les avaient-ils négligés systématiquement, le temps les pressant pour terminer le plus tôt possible le monument de la seconde loi. C'étaient néanmoins des documents utiles pour l'histoire des événements et des idées ; il eût été |regrettable qu'ils fussent perdus. Les principaux disciples s'occupèrent de réunir ces traditions éparses et d'en faire une annexe de la Mischnali. Toutefois l'œuvre du grand Nassi était déjà entourée d'un tel respect, qu'il n'entra dans l'esprit de personne d'en modifier le texte, ni de la déclarer incomplète. Le recueil que composèrent les disciples, ne fut considéré que comme un supplément auquel on ne donna pas d'abord une autorité égale à celle du livre principal. Le nom même sous lequel les Mischnahs qu'il renfermait furent désignées, atteste leur infériorité relative. On les appela « Mischnahs )) accessoires ou extérieures » « Mischnah 'Eizonah » ou, dans la forme araméenne « Matnita boraïla » et simplement : « Boraïta. » Par rapport à la Mischnah officielle, elles furent mises au même rang que les écrits apocryphes par rapport à la Bible. Cependant c'étaient généralement des traditions remontant à une haute antiquité et traitant des points d'une importance réelle. Aussi l'attention dont elles furent l'objet accrut rapidement leur autorité morale. On ne tarda pas à leur donner une épithète plus digne de leur valeur, et c'est sousle titre de Grandes Mischnahs,
a Mischriaïoth Giiédoloth » qu'on les trouve bientôt mentionnées '^ '
Les principaux compilateurs des Boraïtas furent R. Yannaï, qui enseignait à Akbara ^ et dont le traité Aboth nous fait connaître cette maxime de morale résignée : « Il ne nous est donné de comprendre ni » le bien-être des méchants ni les souffrances des jus- » tes ^; » R. Hiya, celui qui attirait un si maigre auditoire en prêchant sur lii Halachah et se montrait si indigné contre VAgadah sa rivale; Bar Kappara le docteur poëte ; R. Uschaïali, surnommé « le père cle la Mischnah * ; » enfin Baba-Aréka, plus connu sous le nom de Rab. De tous leurs travaux ceux auxquels se rattache spécialement le nom de R. Hiya et de R. Uschaïah, sont restés les plus estimés ^
Quoi qu'il en soit, la Mischnah^ étant définitivement établie, devint naturellement le texte sur lequel s'exerça désormais la discussion et, comme la première loi, fournit aussitôt matière aux commentaires les plus divers et les plus étendus. A ce nouveau mouve-' ment correspondit un nouvel ordre d'idées et de faits.
L'ère des Tanaïtes, c'est-à-dire des législateurs fut close avec Yéhoudah le Saint; l'ère des commentateurs s'ouvrit alors et s'appela « l'ère des Àmoraïtes. »
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