‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 419 sur 500 · Talmud, Hagguigah, 13. — Bereschith Rabba, sect · texte numérisé non relu

Talmud, Hagguigah, 13. — Bereschith Rabba, sect

^^. MiscnNAH, Hagguigah, ch. ii, § 1.

Et TAgadah, complétant, par ses récits légendaires, cette théorie de bon sens, raconte l'histoire de quatre docteurs, Ben Azaï, Ben Zoma, Akiba et Acher, qui , eurent l'audace de s'aventurer dans a les » avenues du Paradis » (le domaine du mystère). L'un d'eux mourut; le second devint fou; le quatrième, Acher, apostosia ; Akiba seul sortit sain et sauf de cette périlleuse entreprise', grâce à la fermeté de sa raison" et de sa foi, c'est-à-dire s'en retira à temps de façon à n^y compromettre ni son corps ni son âme.

Il est impossible de peindre en traits plus saisissants le danger de cette recherche vaine. La santé s'y épuise ; l'intelligence s'y perd ; la foi elle-même y est atteinte; il n'y a de sages que ceux qui, à l'exemple d' Akiba, se hâtent de revenir sur le terrain solide de la logique et de la vérité.

Ainsi, comme le premier législateur d'Israël^ le Pharisaïsme s'arrête silencieusement sur le seuil du mystère. Il ne nie rien, car il ne sait pas; maisjil n'affirme rien non plus et se garde bien de formuler, comme des dogmes obligatoires, des hypothèses qu'il se sent impuissant à justifier. — C'est la consécration manifeste du caractère essentiellement rationaliste de

1. Talhud, ffagguigah, 14. — Il faut remarquer que ces sages principes se trouvent précisément, comme un avertissement salutaire, dans le traité§talmudique où sont entassées tant de rêveries sur les cieux et l'enfer.

la Réformejuive. Telle nous l'avons vue dans la lutte, telle nous la retrouvons quand, triomphante, elle précise ses principes fondamentaux. S'en tenir à ce que la raison humaine peut comprendre ; laisser à l'écart tout ce qu'elle ne peut pénétrer ; voilà la règle supérieure inscrite au frontispice même du code de la nouvelle loi.

Comme conséquence de ce principe^, le Pharisaïsme repousse, en thèse générale, les croyances purement spéculatives qui ne peuvent s'appuyer que sur la foi. il ne dit pas à ses fidèles: «crois», mais «comprends.» Le livre de la tradition applique même cetie théorie rationnelle, au seul dogme Juif, à la reconnaissance de l'Unité de Dieu. Les docteurs talmudistes remarquent, en effet, qu'en proclamant le monothéisme absolu, la Bible n'a pas dit : «Crois, Israël M» mais bien, «Écoute, Israël!» mot profond qu'ils commentent et traduisent par cette pensée bien autrement expressive : « Comprends, Israël M »

Lorsque le grand Synode, au temps d'Ezra, commença l'œuvre de la Réforme et lorsque, dix siècles plus tard, le Talmud de Babylone y mit le sceau, la doctrine sur ce point s'est affirmée avec une égale

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