MiscHXAH, Sukkah, cli. v, § 9. — ■ Talmud, Yoma, i:i
jamais la pensée de leur enlever la liberté de consscience.
Lorsque le Christianisme commença sa prédication, les Pharisiens ne virent pas davantage une hérésie dans la croyance des Apôtres en leur Christ ressuscité. Ceux-ci fréquentèrent, sans obstacle, les synagogues après la mort de leur maître, comme ils l'avaient fait pendant sa vie/. Le schisme, on l'a vu, n'éclata entre les Judéo-Ghrétiens et les Juifs que lorsque, faisant un Dieu de Jésus, les premiers portèrent au monothéisme une atteinte profonde que les Pharisiens combattirent alors avec la môme ardeur qu'ils avaient combattu la tendance des Sadducéens à l'idolâtrie, au temps d'Antiochus Épiphane.
L'histoire du Judaïsme n'a pas connu ces sanglantes guerres de religion que le dogmatisme, grâce à ses prétentions à l'infaiUibilité, a déchaînées si souvent svAïie monde. On a beaucoup discuté, dans les écoles de Judée et de BabyloniO;, sur . les questions les plus obscures de la théodicée ; mais on n'y a jamais transformé en articles de foi absolue les solutions, plus ou moins probables, auxquelles les maîtres les plus illustres sont arrivés. On a pu admettre leurs opinions comme des vérités spéculatives; on ne lésa jamais considérées comme des dogmes.
1. AcTE3 DES Apôïues, ch. II, 46 et 47. — Quotidie quoque perdurantes unanimiter iu templo collaudantes Deum et liabentës
gratiam ad omnemplebeia.— Petrus autem et Johannesascendebaut ad templuni ad horani ovationis nouam. {IM4., cli. iii. 4.) II. 20
De ce principe, qui est certainement la règle dominante de la théologie pharisienne, est résulté un remarquable esprit de tolérance qu'on ne retrouve à un égal degré dans aucune autre religion.
Le Pliarisaïsme n'a pas écrit en tête de son code religieux : « Hors tlu Judaïsme point de salut ! » 11 y a, au contraire, inscrit cette maxime de justice: « Les » justes de toutes les nations ont part aux félicités » delà vie éternelle '. »
« Je prends à témoin le ciel et la terre, dit un des » plus anciens recueils tanaïtes ^, insérés dans la » Mischnali, que tous les hommes, sans distinction de » culte ni de condition, Israéhte ou idolâtre, esclave » ou homme libre, sont aptes à recevoir les inspira- » tiens de l'esprit saint, pourvu qu'ils s'en rendent » dignes par leur conduite. »
« Il est dit: « Yoilà les préceptes par lesquels « Y homme vivra ^ ; » mais, il n'est pas dit par lesquels » les prêtres, les lévites ou les Israélites vivront. Le
■1. Nin DSiySpbn onS t?i dSw niDix n^Dn synhédrm i.) —
Rappelons que ce beau principe fut proclamé par l'Académie de Yabné sur l'initiative libérale de [R. Yehoschoua ben Hauaniah.