liereschit h Rabba, sect. i
duire, comme semblent l'avoir professé les philosophes d'x\lexan(irie et peut-être Philon lui-même. Non, c'est l'œuvre d'une sagesse infmie, prévoyant et disposant tout suivant une volonté préconçue et un plan invariablement fixé (( Le monde, dit le livre traditionnel, » fut créé au moyen de dix instruments ; la sagesse, » l'intelligence, la science, la force, la vaillance, » l'ordre, l'équité, la justice, la générosité et la misé- » ricorde \ »
Le naturalisme et le matérialisme ainsi formellement écartés, l'école pharisienne ne réduit pas l'œuvre créatrice au monde sublunaire où nous nous agitons. Elle ne prétend pas que l'Univers tout entier ait été fait pour la terre et pour Thomme qui l'habite. Elle ne considère pas notre modeste planète comme le centre du mouvement universel. Loin de là, à ses yeux la création est un vaste ensemble, une sorte de corps immense dont tous les éléments sont liés par une étroite solidarité et qui semble, comme le corps humain, être animé par une sorte d'esprit qui lui donne la vie et le mouvement.
Cette large conception de l'Univers visible est surtout remarquablement formulée dans la liturgie
1. Talmud, Ilaggiiigahi ibid. « De même, dit une Agadah, qu'un » architecte tient devant lui son plan déployé, l'observe et, suivant » ce qui y est tracé, pose telle pierre sur tel point et telle autre sur » un autre point, ainsi Dieu, ayant devant lui la sagesse sacrée, » observait et créait. » Bereschith Rabba^i.
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d'Ezra; Les splières célestes y apparaissent douées non-seulement de forces physiques mais aussi de forces morales ; elles ont l'intelligence, la sagesse, la puissance'. Toutes, dans les régions de TEmpyrée, comme l'homme dans les régions terrestres, accomplissent, avec respect, la volonté de leur créateur ^ et rendent hommage à la gloire de son nom ^ La spiritualité des mondes, qui fut une des grosses questions agitées par l'école philosophique juive du moyen âge '', était, on le volt, déjà affirmée par les premiers réformateurs du Judaïsme. Quelle que fut la raison de leur croyance, elle prouve du moins l'idée colossale qu'ils se faisaient de la création universelle.
S'ils croyaient à l'unité de la création, ils paraissent avoir cru aussi à la pluralité des mondes ^ En tout cas, on sait que les docteurs juifs avaient de grandes conaaissances astronomiques et cosmographiques ", et leurs notions scientifiques ne leur permettaient pas de rapetisser aux intérêts exclusifs de notre petit glohe l'ensemble gigantesque des choses créées. Ils le considéraient comme un élément de l'harmonie universelle, mais non comme une création prédomi-
i . milAl HD Ssum nj^m r\Vl (Rituel, prière El A don).
4. Maymonides, More Nébouchim, 11'»° partie, ch. 4. [ibid.) 3. Weill, le Judaïsme, ses dogmes, sa mission, t. !«>•, p. 51. 6. Voir plus liant, livre Vllln'e, cli. 4, page 362.,