ISAIE, cil. XLV
2. Voir sur ce carieax syilcmc, WiiiLi,, Le Judaïsme, ses dogmes, sa mission, t. III, p. 88.
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berté n'a plus d'initiative et la responsabilité plus de raison d'être? Ceci est le second aspect du problème do la providence. Le Pharisaïsme s'est fait l'objection et y a.répondu à sa manière.
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11 serait injuste d'exiger de lui plus que n'ont pu expliquer toutes les autres doctrines religieuses ou philosophiques touchant les rapports mystérieux de la divinité avec le monde visible. Depuis des siècles . l'esprit humain s'est fatigué à chercher et à comprendre comment la prescience, que notre raisonne saurait refuser à l'èlre éternel et infini, peut s'accorder avec le libre arbitre que le témoignage de notre intelligence et de nos sens ne nous permet pas de nier chez l'homme. A quelle certitude, à quelle vraisemblance même a abouti cette recherche? Les ténèbres couvrent toujours les sombres abîmes et qui sait si la lumière y pénétrera jamais? Tout ce qu'on peut dire c'est que, puisque nous ne pouvons douter ni de la prescience chez le créateur, ni de la liberté chez la créature, il faut bien qu'il n'y ait rien de contradictoire entre la force universelle qui pourvoit à tout et la force individuelle qui dirige l'homme dans la voie qui lui plait. La loi de cette combinaisou nous
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échappe ; mais la chose est trop manifeste pour être niée. Nous ne nous en rendons pas compte, comme il nous arrive chaque fois que nous nous trouvons en face du principe primitif de causalité ; mais toutes les voix de la conscience nous affirment qu'il y a là une vérité irrécusable.
La question est plus simple dans l'ordre physique que dans l'ordre moral. L'univers est un corps passif, une matière inerte, soumis à' des lois invariables et subissant une impulsion que rien ne dérange. Si celui qui l'a créé veut susprendre ou changer cette régularité admirable, la matière accepte sans résistance sa volonté souveraine, indifîerente à la forme qui lui est donnée et à la direction qu'elle reçoit.
Il n'en est pas de même de l'être humain. Il a une intelligence, une volonté et une action personnelle indépendantes du mouvement universel. On le voit entrer en lutte contre toutes les forces de la nature pour les soumettre à ses besoins et à ses caprices. Il va jusqu'à se révolter contre l'être mystérieux de qui il a reçu la vie et prétend plier la providence elle-même à ses désirs et à ses intérêts. Cette volonté, cette action, cette lutte, cette révolte sont-elles libres ?Oubien, comme les mondes, l'homme n'est-il qu'une machine montée d'avance en vue d'exécuter certains actes fatals ?
Les docteurs pharisiens se prononcent, sans excep-
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tion, dans le sens de la liberté. Tous proclament que l'homme est libre et que ses actions, ici-bas, ne dépendent que de lui-même. Ils n'auraient pu, il est vrai, professer une autre doctrine sans donner un étrange démenti à cette parole du Pentateuque : «Yoici, j'ai mis » devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la ma- » lédiction ; choisis la vie. ' » Ils n'en eurent jamais la pensée,etlelivrequicontientplusparticulièrementleurs idées morales, le traité Adolk, dit, comme un axiome indiscutable : « Tout est sous le regard de Dieu, mais » l'homme est libre ; le monde est jugé avec bonté et » tout se règle suivant les œuvres ^. » — « Tout est » au pouvoir de Dieu, disent encore les pères du » Pharisaïsme, excepté la crainte de Dieu ^, » c'est-àdire la liberté morale. — On se rappelle aussi la belle parabole d'Akîba : u Tout est fourni sous caution. Le » marché est libre. Le marchand fait crédit; mais le » registre est ouvert; chaque dette y est inscrite et » tôt ou tard les collecteurs se font paj^er bon gré, » mal gré *. » Il est difficile d'exprimer par une image plus saisissante la théorie de la liberté et de 1^ rcsponsabihté.
L'école pharisienne repoussait, d'autre part, les rève-
l. Deutéuokosie, ch. xxx, iO.