‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 442 sur 500 · JoNA3, ch. m et IV · texte numérisé non relu

JoNA3, ch. m et IV

a.'-jiia nSiyn 211:1*1 (Aboth, ch. m, § 22.)

levier avec lequel les Pharisiens soulevèrent et dirigèrent le peuple dans les luttes mémorables du monothéisme contre l'idolâtriç et du droit national contre la tyrannie étrangère. C'est par l'espérance d'une autre vie qu'ils passionnaient le patriotisme, surexcitaient la foi et faisaient naître, dans toutes les âmes, les plus admirables dévouements.

L'immortalité et la résurrection ont été certainement les croyances fondamentales des réformateurs du Judaïsme. Le grand Synode les a proclamées en tête de sa liturgie dans les- solennelles prières d'Elohaï Neschamah et de Schémoneh-Ezrek :

(( Mon Dieu, dit la première, l'âme' que tu m'as » donnée est pure ; c'est toi qui l'as créée ; c'est toi » qui l'as formée; c'est toi qui l'as soufflée en moi ; » c'est aussi toi qui la conserves en mon sein. Tu me » la reprendras au jour de ma mort et tu me la ren- » dras dans le monde à venir. » "

(( Seigneur, dit la seconde, tues tout-puissant; tu » entretiens les vivants par ta grâce, et, partamisé- » ricorde infinie, tu ressuscites les morts. notre » roi, tu fais mourir, tu rappelles à la vie et tu fais » germer le salut. Sois béni, Éternel, qui ressuscites » les morts !» -

Avant le second temple, cette croyance, à peine ébauchée dans le Pentateuque, limitée à l'idée de l'immortalité dans les prophètes, était encore vague

et flottante dans la pénombre des traditions anciennes ; II. 28

mais, à cette époque, elle prit une précision et une importance extraordinaires. C'est le legs le plus considérable que la Synagogue ait transmis à l'Église chrétienne et celle-ci l'a accepté sans réserve. Lorsque saint Paul revendiquait si hautement le titre de Pharisien, il ajoutait : « Et siron me poursuit, c'est parce » que je crois, comme le Pharisaïsme, à la résurrec- » tion des morts ' . »

Les combats que les Pharisiens eurent à livrer pour défendre et faire triompher, contre l'incrédulité s.adducéenne, cette doctrine spiritualiste, lés ont entraînés au delà des limites prudentes qu'ils s'imposent généralement en tout ce qui concerne la destinée de l'homme hors de ce monde. C'est le seul point sur lequel ils aient formulé des affirmations qui ressemblent très-fort à. des articles de foi.

La Mischnah, après avoir déclaré que « tout Israé- » lite a part à la vie éternelle » et qu'il en est de môme pour « tous les justes des autres cultes,» s'exprime en ces termes : « Yoici ceux qui n'auront point 1) de part à la vie future : Celui qui nie la résurrec- » tion, celui qui nie la révélation et l'athée. ^ » Il est vrai, s'il faut en croire le commentaire talmudique, que cen'estpointparune déclaration dogmatique, mais par une déduction rationnelle, que l'on est arrivé à cette

1. Pharisoeus sum et filius Pharisaeorum. De spe et résurrection e mortuonim judicor. (Actes des Apôtres, cla. xxiii, fî.)

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