bid., Bérachoth
n. Ibid., Bérachoth 34. — On remarquera que ces déclarations expressives sont consignées dans un des principaux traités où s'accn-
LES PHA.R1SIENS. 447
Nous retrouvons ici encore la vraie et sage doctrine qui avoue humblement qu'elle ne sait et nejjeut savoir rien de positif sur les mystères de l'autre vie, bien qu'elle maintienne néanmoins, mais comme une espérance bien plus que comme une vérité démontrée, la croyance en une seconde existence où la vertu recevra sa récompense et le vice sa punition.
Cependant, réduit à ces termes vagues, le problème de la vie future se complique d'une question non moins redoutable. Faut-il croire à réternlté'des peines et n'y a-t-il plus d'espoir, comme le dit l'auteur de la Divine comédie, pour les pécheurs qui ont encouru la colère céleste? Lasciate ognisperanza o voi ch'entrate!
Sur cette grosse difficulté de théologie et de philosophie, les docteurs talmudistes se montrent aussi indécis que l'ont été les sages de tous les pays, de tous les temps et de toutes les écoles. N'osant pas plus afdrmer que nier, ils laissent le champ libre aux opinions individuelles, et se contentent, comme d'habitude, de les enregistrer consciencieusement, sans en élever aucune à la hauteur d'un dogme obligatoire. De là la variété de systèmes que mentionne le Talmud en ce qui concerne la durée des peines dans le monde futur.
Les violents ont admis les peines éternelles. D'après eux, il est des péchés qui privent à jamais ceux qui
mulent toutes les descriptions Jcabbalistiques de l'enfer et du Paradis. *
les ont commis, des récompenses de la vie colcsle '. Ils vont même, en certains cas, jusqu'à admettre, comme cliâtiment irrévocable, ranéailtissement de l'âme pécheresse^, oubliant qTi'ilsla déclarent eux^:mêmes immortelle et qu'ainsi, soit qu'elle souffre ou qu'elle jouisse, elle ne saurait périr entièrement. Quelquefois, ils étendent l'arrêt de damnation à des races entières qu'ils vouent à l'éternel Guéhinom. Il est môme des pécheurs dont ils disenï que « leur » expiation survivrait à l'Enfer, si l'Enfer cessait » d'exister '. »
Ces hypothèses terribles,, nées de la superstition plutôt que de la foi, d'un état maladif de l'esprit plutôt que d'une conviction réfléchie, étaient populaires en Judée. L'Évangile, d'accord avec elles, fait un tableau non moins désespérant du sort réservé aux damnés. Jésus se prononce, très-formellement, pour l'éternité des peines \
Mais les grands docteurs des Académies juives ont formulé, à leur tour, une doctrine moins désolante. La place que lui donne le Code de la tradition, le nom de ceux qui l'ont exposée et l'influence qu^elle a ex-