Abotii, clj. lY, § 21. — Talmud, Aboda Zara
ment? Celui que Ton flétrit comme méchant, l'est-il autant qu'on le suppose? Qui peut voir, avec certitude, ce qui s'agite, de bon ou de mauvais dans les profondeurs de la conscience? Pourquoi, au lieu de penser que Dieu n'est pas équitable, ne pas supposer plutôt qu'il ne prononce ses arrêts que d'après des faits connus de lui seul et qui échappent à notre faible vue? Celui que nous appelons méchant, n'a-t-il pas, dans sa vie, quelques actes méritoires qui lui ont valu, en ce monde, la faveur du divin juge? Celui que nous appelons vertueux, n'a-t-il pas eu des moments de défaillance qui lui ont attiré la sévérité du maître éternel? Nous ne pouvons, hélas! juger que d'après les apparences. Dieu seul se déterminera d'après la réalité.
Cette pensée est très-péremptoirement exprimée dans un grand nombre de' passages des livres traditionnels. — « Dieu, y est-il dit^ punit les justes sur )) cette terre pour la moindre transgression, de même » qu'il châtiera les méchants dans l'autre monde pour » la faute la plus légère; mais, en revanche, il ré- » compense les méchants en ce monde du moindre » acte méritoire, comme il récompensera les justes » dans l'autre vie pour le moindre acte vertueux ^ . » — « Pourquoi y a-t-il des justes heureux et des justes )) malheureux, des méchants prospères et des mé- » chants infortunés? Le juste heureux, répond la tra-