‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 459 sur 500 · ibid., llorayoih · texte numérisé non relu

ibid., llorayoih

qui peuvent affliger le juste, ni ces prospérités éphémères qui peuvent arriver au méchant. Ce ne sont que des exceptions dans la marche providentielle des choses humaines. Au fond, la conscience, lumière divine que l'Éternel a allumée dans l'âme pour éclairer la raison et la liberté, est le premier juge de l'homme mortel. C'est à ce tribunal impartial du for intérieur qu'il trouve sa première récompense quand il a bien fait, son premier châtiment, quand il a mal agi. « La ré- » compense de la vertu, dit BenAzaï, c'est la vertu ; » le salaire du vice, c'est le vice i. »

Ces principes, que nous sommes forcés d'apprécier rapidement, peuvent être appelés, à bon droit, de la philosophie pratique. Ils font comprendre dans quel esprit de sagesse et de bon sens les docteurs pharisiens ont étudié les difficiles questions de la destinée humaine.

Si, comme tant d'autres, ils n'ont pas pu parvenir à la vérité lumineuse et entière, ils ont eu, du moins, la franchise d'avouer leur impuissance et la loyauté de ne pas exploiter la crédulité humaine en faisant passer pour des dogmes révélés des opinions qui ne pouvaient être que de simples hypothèses.

1, Aboth, ch. IV, § 2.

Cette remarque, par laquelle nous avons commencé l'examen des doctrines religieuses et philosophiques du Pharisaïsme, est aussi celle qui doit y servir de conclusion.

Tout ce qu'on vient de lire aboutit, en effet, à reconnaître que, dans aucune des questions qui se rapportent aux mystérieux rapports des créatures avec le créateur,' les docteurs pharisiens ne se sont posés en révélateurs religieux ayant la prétention de formuler une doctrine infailHble, s'imposant à la foi sans éclairer l'intelligence. Ils sont restés, au contraire, des philosophes, ayant sur toute chose des idées à eux, mais ayant aussi la sagesse de maintenir leurs discussions dans le domaine de la liberté et de la raison individuelle.Ils n'ont voulu dogmatiser sur aucun mystère et se sont arrêtés prudemment à la limite où l'œil humain ne peut plus rien voir avec, certitude. Toutes les controverses auxquelles ils se sont livrés sur ces impénétrables sujets, se terminent généralement, ainsi que nous l'avons constaté, par cette déclaration reproduite sous toutes les formes : « Ce sont des choses. que nous » ne pouvons ni définir, ni comprendre ; mieux vaut » diriger son esprit vers des études plus pratiques et » plus utiles. »

C'est par là que se distingue leur spiritualisme éminemment rationaliste. Ils croient fermement à la providence, à l'immortalité, à la vie future, à la responsabilité et à la rémunération ; ils exhortent leurs disciples à y croire et à propager ces consolantes espérances'; mais, quand on leur demandes! ce sont des vérités irrécusables et s'il faut les regarder comme., des articles de foi, ils confessent humblement qu'ils ne peuvent rien prescrire d'absolu, que Dieu seul garde le secret de ces obscurs problèmes, et qu'il faut s'en rapporter à sa miséricorde en tout ce que sa volonté souveraine a pu décider de nous en ce monde et dans l'autre. Par-dessus tout, tolérants envers leurs adversaires, indulgents pour toutes lés erreurs, ils ouvrent à tous les hommes, sans distinction de culte ni de race, les trésors de la grâce divine; ils n'ont jamais admis cette croyance désespérante que « hors de leur église, il ne pouvait y avoir « de salut. »

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