‹ Les Pharisiens [microform]Chapitre 69 sur 500 · II Macchabées, ch. vi · texte numérisé non relu

II Macchabées, ch. vi

lébrer le jour du sabbath. Le martyre du scribe Éléazar et celui de cette mère héroïque sous les yeux de laquelle les bourreaux torturèrent ses sept enfants qu'elle encourageait à la mort, disent, par deux exemples terribles, ce que fut cette persécution où le génie de la cruauté épuisa ses inventions les plus monstrueuses.

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Vaincus par la terreur et par la violence beaucoup se soumirent; mais il y avait alors dans Modim, petit bourg de la Palestine, une famille seconclaire de prêtres, de la lignée de Yéhoyarib, qui organisa résolument la lutte contre l'oppression. Le chef en était le vieux Mdttathias ; le. héros en fut Juda Macchabée; le politique habile en fut Simon, en qui la famille des Hasmonéens obtint le suprême pouvoir. C'est avec ses cinq fils et quelques hommes déterminés que Mattathias se leva pour délivrer son pays du joug étranger, la loi divine des atteintes de l'idolâtrie, le sanctuaire de la profanation qui le souillait, et le peuple, du pouvoir d'un pontificat impie et d'une aristocratie corrompue.

Tout ce qui précède, en effets montre incontestablement que, si l'insurrection fut un mouvement national contre le despotisme syrien, ce fut en même

temps un mouvement révolutionnaire contre la tyrannie intérieure, un élan d'indignation populaire contre les infamies du' sacerdoce et les trahisons du patriciat.

Il n'entre pas dans notre plan de suivre les progrès de cette prodigieuse levée de boucliers où, grâce à la valeur de Juda Macchabée, une poignée de héros triompha des grandes armées d'Antiochus. — Cet épisode merveilleux de l'histoire juive est trop connu pour qu'il soit nécessaire d'y insister. La révolte, dirigée par les vaillants Hasmonéens, répondait intimement au sentiment public^ Elle enfanta partout les plus enthousiastes dévouements. Le soulèvement fut bientôt général. Deux généraux renommés, Nicanor et Gorgias, furent battus par la petite troupe de Juda Macchabée. Timothée etBacchides, deux autres chefs syriens, éprouvèrent le même sort. Antiochus, retournant d'une expédition malheureuse qu'il avait entreprise contre la Perse, accourut au secours de ses lieutenants ; mais il mourut en route atteint par une maladie affreuse dont le second livre des Macchabées fait la description et qu'il représente naturellement comme un châtiment de Dieu *. La guerre continua quelque temps encore après sa mort ; mais trois nouvelles victoires de Juda contre Gorgias d'abord, puis contre TimOthée, et enfin contre Lysias, déterminèrent

l. II Macchabées, ch, ix, 5 et s.

Antiôchus Eupator, successeur d'AntiocliusÉpiphane, à des sentiments plus conciliants. La paix fut rétablie. Le roi garantit de nouveau aux Juifs le libre exercice de leur culte et le droit de vivre suivant leurs lois. Ce grand résultat fut célébré par une fête solennelle qui eut lieu le 25 kislew de: l'an 148 de l'ère des Séleucides (164 avant Jésus-Christ). Cette fête est restée dans le culte juif sous le nom de Hanoukah (fête de l'inauguration). On purifia le sanctuaire et un nouvel autel fut construit le même jour où, trois ans auparavant, l'autel de Jéhovah avait été profané par les cérémonies idolâtres.

Malheureusement la guerre ne devait pas tarder à éclater de nouveau. Les Juifs, après leur victoire sur lesSyriens, furent forcés d'être constamment en armes contre les peuplades belliqueuses qui les entouraient, les Arabes, les Iduméens, etc. A chaque instant il fallait réprimer des aggressions ou des actes de brigan-

dage ^. Cette situation précaire et périlleuse donna un nouvel aliment et de nouvelles espérances aux intrigues qui s'agitaient à la cour d' Antiôchus Eupator. Entraîné par les mauvais conseils des ennemis des Macchabées, le roi de Syrie conduisit une armée puissante en Judée pour la soumettre définitivement ; mais, battu devant Beth Sura, il se résigna à faire, encore une fois, la paix avec Juda. Il lui aurait même, d'après

r i. II Macchabées, ch. xii, 3.

rhistorien sacré, conféré le titre de général et de gouverneur sur tout le pays depuis Ptolémaïde jusqu'aux Gerréniens \

Le rôle déplorable que les familles sacerdotales avaient joué dans ce grand drame national, s'aggrava bientôt d'autres actes non moins criminels. Un changement de règne s'opéra en Syrie. Démétrius, l'un des fils de Séleucus, qui s'était réfugié à Rome, se révolta contre Antiochus Eupator avec l'aide de Nicanor, général syrien qui l'avait suivi dans l'exil. Ayant vaincu Antiochus, il monta sur le trône. Or, nous voyons surgir aussitôt, auprès du nouveau maître, un autre intrigant de race pontificale qui s'eff'orce de profiter, à son tour, delà confusion des temps. Il se nommait Alkimos, ou plutôt Yakim. C'était un ancien grand prêtre qui, d'après la chronique, « s'était yolontaire- )) ment souillé dans le temps du mélange avec les » Gentils ^. » Lui aussi, pour satisfaire son ambition, trahit la cause de sa patrie et ajouta une page de plus à l'histoire des méfaits du sacerdoce.

Il réunit autour de lui la plupart de ceux qui s'étaient compromis dans la politique antinationale. Tous émigrèrent auprès de Démétrius, lui disant que « Judaet » ses frères les avaient chassés après avoir exterminé » tous les amis des Syriens ^ » Le second livre des

- 1. Ibid., ch. XIII, 24.

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